La vérité sur l’armée libanaise et le Hezbollah que personne n’explique !
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On entend souvent cette phrase en ce
moment qui consiste à dire que l'armée
libanaise devrait désarmer le esboll
même par la force. Alors ça revient en
boucle dans les discours politiques,
dans les plateaux de télé, chez les
analystes ici en France, tu vois les
analyses occidentales en général. Sur le
papier, ça paraît logique. Un état
devrait avoir le monopole de la force.
Mais dès que tu regardes l'histoire du
Liban de la manière la plus sérieuse sur
les 60 70 dernières années, tu comprends
que cette phrase est beaucoup plus
compliqué qu'elle en a l'air. Pourquoi ?
Bah parce que le Liban n'a jamais été un
état classique comme les autres, par
exemple, comme la France, comme la
Turquie, comme l'Égypte ou d'autres
États avec une armée centrale forte qui
domine tout le pays. Non. Dès
l'indépendance en 1943, le Liban repose
sur un système confessionnel extrêmement
fragile. On a un président chrétien
maronite, un premier ministre sunnite,
un président du parlement chite. Le
pouvoir est réparti entre les
communautés religieuses pour éviter
qu'une seule prenne le dessus. Et dans
ce système, une armée est trop puissante
bah devient immédiatement un risque
politique. Ça, c'est ce que disent les
analystes. Pourquoi ils disent ça ? Il
dit ça parce que dans toute la région
les coups d'état elles sont souvent
venues de l'armée en Égypte en 1952, en
Syrie à plusieurs reprises dans les
années 60, en Irak aussi. Les dirigeants
libanais ont donc toujours préféré une
armée d'équilibre, une armée
consensuelle plutôt qu'une armée
dominante capable de renverser le
pouvoir. Mais le véritable tournant va
arriver en 1969 avec les fameux accords
du CER. Là, ça a été vraiment la cata.
L'État libanais accepte alors que
l'organisation de libération de la
Palestine, la fameuse OLP de Yasser
Arafat, puisse s'armer dans les camps
palestiniens et mener des opérations
contre Israël depuis le territoire
libanais. Et là, tout va basculer. On va
avoir certaines zones du pays qui vont
échapper progressivement au contrôle de
l'État. L'armée libanaise ne peut plus
intervenir librement dans plusieurs
camps. Et dans le sud Liban, bah des
bases armées palestinienne vont
apparaître. Les fameux fédaïes lancent
des attaques contre Israël. Israël
riposte et le Liban devient
progressivement un terrain
d'affrontement indirect. Et à partir de
ce moment-là, justement, l'État libanais
commence à perdre le contrôle de la
force sur son propre territoire, ce qui
est le début de la fin. Et ensuite
arrive ce qu'on a appelé la guerre
civile libanaise de 1975 à 1990.
15 ans de guerre qui détruisent
complètement l'équilibre du pays.
L'armée libanaise elle-même se fracture.
Des unités vont se diviser selon les
communautés religieuses. Certains
soldats vont rejoindre des milices
chrétiennes, d'autres milices
musulmanes. L'institution censée
représenter l'État s'effondre
complètement. Pendant cette période, le
Liban devient un terrain d'affrontement
entre plusieurs forces : l'OLP, Israël,
la Syrie et une multitude de milices
locales. Et en 1982, après l'avoir fait
une première fois en 78, et bien Israël
envahit Liban pour expulser l'OLP.
Yasser Arafat va quitter Beou pour la
Tunisie, mais l'État libanais est déjà
profondément affaibli. Et lorsque la
guerre civile se termine en 1990 avec
les accords de TAF, et bien le Liban
doit quasiment reconstruire ses
institutions depuis zéro.
Les milices sont officiellement
dissoutes pour rétablir un minimum
d'ordre mais une exception majeure est
faite. Le esboll à l'époque le sud libé
par Israël et le esbola est présenté
comme une force de résistance contre
cette occupation. Résultat et bien
toutes les milices doivent disparaître
sauf une. Et c'est là que la situation
actuelle commence. une armée libanaise
qui représente l'État et à côté une
organisation armée extrêmement
structurée qui développe ses propres
capacités militaires avec l'aide de
l'Iran. Et avec le temps et bien le
Esbola va devenir une force militaire
majeure dans la région avec des dizaines
de milliers de combattants et un arsenal
de missiles important. Et pendant ce
temps et bien l'armée libanaise tente de
se reconstruire mais lentement avec des
moyens très limités dépendant de l'aide
étrangère, les États-Unis, la France et
d'autres pays qui fournissent de la
formation des véhicules, de
l'équipement, mais rarement des systèmes
lourds capables de transformer l'armée
libanaise en grande puissance militaire
régionale. Et il y a un autre facteur
dont on parle beaucoup moins mais qui
pèse énormément dans tous les calculs
stratégiques, la frontière israélienne.
Le Liban est le seul pays voisin
d'Israël où l'armée nationale serait par
définition multiconfessionnelle, donc
potentiellement soutenue par l'ensemble
du pays. Une armée libanaise forte,
unifiée, dotée d'armes lourdes,
stationné à la frontière nord d'Israël
et bien changerait complètement
l'équilibre stratégique dans la région.
Alors, historiquement, plusieurs
analyses expliquent que la stabilité
recherchée par beaucoup d'acteurs
régionaux repose plutôt sur un Liban
fragmenté mais relativement prévisible
plutôt que sur l'émergence d'une armée
nationale puissante capable de devenir
un acteur militaire majeur face à
Israël.
C'est pour ça que l'aide militaire
étrangère à l'armée libanaise reste
souvent calibrée, contrôlée pour
renforcer la sécurité intérieure, lutter
contre le terrorisme, maintenir l'ordre,
contrôler les frontières, mais
certainement pas pour transformer
l'armée libanaise en puissance offensive
régionale. Et c'est dans ce contexte que
la question du désarmement du esboll
devient politiquement explosive les amis
parce que militairement une
confrontation directe entre l'armée
libanaise et le esbola pourrait
provoquer une nouvelle guerre civile
dont personne ne veut. Politiquement, le
Esbola fait aussi partie du système
institutionnel libanais avec des députés
et des ministres et stratégiquement
personne ne veut prendre le risque de
faire exploser cet équilibre extrêmement
fragile aujourd'hui et qui pourrait
embraser tout le pays. Donc quand on
répète aujourd'hui que l'armée libanaise
devrait désarmer le esbola de manière
aussi simple, on oublie souvent une
chose qui est essentielle. Cette
situation n'est pas née hier ni
aujourd'hui. Elle est le produit de plus
de 60 ans d'histoire, de guerre,
d'accord politiques, de compromis
régionaux et d'équilibres extrêmement
précaires qui ont façonné le Liban tel
qu'il existe aujourd'hui. Donc traiter
ces histoires avec la plus grande des
simplicités en balançant des slogans sur
les plateaux de LCI, de BFM TV ou je
sais pas où, c'est soit méconnaître
l'histoire, soit être incompétent, soit
vouloir volontairement faire semblant
que ce problème n'existe pas. Au final,
les amis, ce qu'il faut comprendre,
c'est que la situation libanaise ne peut
pas être analysée avec des réflexes
d'état classiques. C'est pas possible.
Le Liban, c'est pas un pays qui s'est
construit autour d'un pouvoir central
fort, mais autour d'un équilibre
permanent entre communauté religieuse,
influence régionale et compromis
politique. Cet équilibre est fragile,
très fragile, parfois incohérent,
souvent, très souvent même critiqué.
Mais c'est lui qui a permis au pays de
tenir debout malgré les guerres, malgré
les occupations, malgré les crises
successives. Et dans ce contexte, bah
l'armée libanaise joue un rôle très
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