Loi Infirmière : tout ce qui change
FULL TRANSCRIPT
Hello tout le monde, bienvenue dans
cette vidéo un peu spéciale. Vous le
voyez, je suis pas dans mon décor
habituel. Tout simplement parce que nous
allons recevoir virtuellement quatre
experts de la thématique qui nous
intéresse aujourd'hui puisque nous
allons analyser la nouvelle loi
infirmière. Pour la profession
infirmière, c'est peut-être une des
vidéos les plus importantes de ma
chaîne, tout simplement parce qu'elle va
traiter de la loi qui est peut-être une
des lois les plus importantes pour la
profession infirmière. vous allez voir
qu'elle va révolutionner beaucoup de
choses pour les infirmiers mais surtout
pour les patients. On a vu beaucoup de
fake news circuler sur les réseaux
sociaux. Donc, je voulais absolument
remettre les choses à plat parce qu'il y
a beaucoup de commentaires qui sont
postés sur les réseaux venant de
personnes qui n'ont visiblement même pas
ouvert le contenu de la loi. La vidéo,
elle va être assez longue parce qu'on va
balayer l'ensemble de la loi qui
concerne le métier socle, les infirmiers
libéraux, les infirmiers l'hôpital mais
également les infirmières puicultrices,
l'infirmier scolaire, les iades en
pratique avancée et la pratique avancée
en elle-même. Donc je vais chapitrer
cette vidéo et vous pourrez cliquer
directement sur la partie qui vous
intéresse. Par exemple, si vous êtes un
charmière puricultrice par exemple et
que vous voulez savoir ce que va changer
la loi pour votre profession, et ben
vous aurez qu'à cliquer directement sur
le chapitre correspondant. Mais même
pour les spécialisés et bah les
changements pour le métier socle vous
concernent également parce que même si
vous avez fait des études en plus, vous
restez avant tout infirmier. Donc la
première partie de la vidéo consacrée au
métier socle vous intéressera forcément
et vous concernera aussi tout
simplement, même si vous allez voir
qu'il y a une petite différence entre
libéral et hospitalier. Pour être sûr de
pas dire de bêtises, pour cette vidéo,
je me suis entouré de trois experts dont
trois juristes en santé qui sont experts
de la thématique. Laurencec, Vincent
Lotard, Grégory Comess et Gael Canat qui
vont du coup pouvoir répondre à mes
questions et vous donner plus de
précision sur la loi infirmière. C'est
parti. Qu'est-ce qui va changer au
niveau avec cette loi ? Qu'est-ce qui
change avec la au niveau du métier socle
Grégory,
c'est à la fois une loi qui est une
révolution pour le système de santé mais
qui ne va pas changer tant de choses que
ça pour le métier infirmier, du moins au
départ. En fait, c'est une loi qui vient
ramener et je sais je simplifie un
maximum, mais au niveau législatif,
c'est-à-dire au niveau de la loi des des
élus et représentants du peuple, toute
la définition de la profession
infirmière. Donc ça va rendre toute
cette définition et les compétences
infirmières plus solides d'un point de
vue juridique. C'est-à-dire que
n'importe quel gouvernement ne pourra
pas les changer comme ça. Faudrait
repasser devant l'assemblée. Donc ça
c'est d'abord un point peut-être un peu
symbolique mais important de rappeler
que là on va avoir une définition forte.
Derrière ce qui va être important
effectivement on va aborder ça c'est
consultation, diagnostic, prescription.
Est-ce que tout ça est de nouveau ?
Alors en vrai la consultation et le
diagnostic infirmier dans les faits ça
existait déjà. l'infirmier déployait
déjà ses connaissances techniques euh et
son analyse du patient pour euh déployer
son art. Là, l'intérêt de la loi, c'est
que c'est venu le reconnaître
officiellement. C'est-à-dire que là, on
a une reconnaissance pure et dure des
élus de la République pour dire voilà
aujourd'hui euh le métier en quoi il
consiste. Et là, ce qui va vraiment
changer dans la pratique et ce qui est
nouveau, c'est le fait de passer d'un
décret d'acte à un décret à mission
compétence. Pourquoi c'est différent ?
En fait, avant on était la profession
infirmière était sur un décret d'Xe, on
listait qu'est-ce que l'infirmier peut
faire et tout ce qui était pas marqué,
il ne pouvait pas faire. Avec un passage
à mission, on est sur une plus grande
autonomie. C'est qu'on va dire voilà,
vous pouvez vous déclencher votre
diagnostic sur telle ou telle personne
et vous pouvez déployer toute façon
votre façon de travailler, que ça soit
par exemple sur la gestion des PL de
façon générale, que ça soit sur le
maintien de l'autonomie, vous avez une
autonomie d'action et c'est ça le plus
gros changement. Et pourquoi il fallait
une loi ? Bon là, c'est du pur
technique, je simplifie un maximum parce
qu'en fait la loi disait la profession
infirmière est une profession à acte et
donc il fallait une loi pour dire la la
loi la profession infirmière devient une
profession à mission et le législateur
et il a eu raison à dire on va pas juste
faire une loi pour dire ça on va encrer
beaucoup de choses et donc c'est là où
effectivement il l'a défini la
consultation le diagnostic. Alors, il y
a des mots en droit, c'est des petits
mots qui changent énormément de choses.
Et déjà dès le début, on a dans
l'exercice de sa profession, l'infirmier
entreprend, réalise, organise et évalue
les soins infirmiers. Entreprendre, ça
veut dire quoi en droit ? Ça veut dire
qu'il a une autonomie pour le déclencher
et ça c'est entre guillemets un peu
nouveau. C'està-dire qu'on reconnaît au
niveau législatif que l'infirmier a son
autonomie pour déclencher ses soins.
Derrière, il y a quelque chose qui est
arrivé lors des débats qui est
extrêmement important, qui pour moi est
vraiment la base de la révolution du
système de santé qu'apporte cette loi.
On le doit à deux euh entités
infirmières qui l'ont porté lors des
débats parlementaires. On le doit au
collectif des infirmières en colère et
on le doit au collège infirmiers
français qui ont porté ce qu'on appelle
l'accès direct. Alors vous allez me dire
mais l'accès direct c'est quoi ? C'est
le fait qu'un patient puisse
spontanément aller voir un infirmier et
que l'infirmier puisse déployer ses
compétences, les compétences de son rôle
propre. Alors on va me dire mais c'était
toujours possible. Oui, rien ne
l'empêcher par la loi officiellement.
Sauf que derrière effectivement La CNAM
ne remboursait pas notamment libéral euh
les soins si on allait voir directement
l'infirmier. C'était de la même façon
aussi à l'hôpital. On n' pas de cadre
spécifique et derrière il y a une loi de
financement de sécurité sociale assez
ancienne plus de 20 ans, qui mettait le
médecin traitant porte d'entrée. Ce qui
fait qu'en fait on organisait notre
système de santé en disant si le patient
veut avoir une prise en charge en soin,
soit il va avoir son médecin traitant
qui est sa porte entrée, soit les
urgences. Aujourd'hui, avec l'accès
direct, on peut aller voir directement
un infirmier pour être pris en charge et
c'est ça qui est nouveau, c'est que
maintenant c'est complètement encré dans
la loi. Il y a un autre point qui était
très important et qui a eu il y a eu un
vrai débat au niveau de l'Assemblée
nationale sur ce sujet-là, euh c'est le
fait qu'il y ait une exception à
l'exercice illégal de la médecine pour
les infirmiers. Alors ça ça a été le
grand moment de débat. Ça avait
d'ailleurs été enlevé au départ des
débats de la loi dans la commission des
affaires sociales et ça a été remis. Ça
veut dire quoi cette exception
d'exercice illégal ? Ça veut dire que
dans certains cas, par exemple,
l'infirmier pourra prescrire certains
produits qui sont de base à prescription
médicale obligatoire. Alors, on m'a dit
"Mais ça veut dire que l'infirmier va
faire tout ce que fait les médecins."
Bien évidemment que non. Euh l'infirmier
et là encore une fois, on est c'est
l'infirmier ne va pas remplacer le
médecin. C'est cette loi, elle est pas
là pour que l'infirmier remplace le
médecin. Elle est là pour donner sa
place légitime dans une gradation, une
graduation des soins nouvelle.
C'est-à-dire qu'en fait vous avez la
profession socle l'infirmière qui est la
profession de proximité sur lesquelles
vous pouz aller voir directement pour
certains soins. Ensuite, vous allez
avoir une gradation plus grande. On
rentre pas dans les détails encore
pratiquement mais pratiquement avancé.
Puis le corps médical. Et c'est ça aussi
qu'amène cette loi euh dans la
nouveauté, c'est de dire "Oui, vous
pouvez aller voir en première intention
un infirmier, il a une compétence de
consultation, donc il vous reçoit, il
vous analyse ce qu'il faisait déjà en
vrai, euh et il va préconiser des choses
et il peut les déclencher de lui-même."
Et tout ça vient du mot entreprendre.
Voilà, ça c'est le premier point le plus
important. Moi, si je résume de ce que
de ce que j'ai lu et de ce que tu
expliques, donc on a la la fameuse
triade consultation diagnostic
prescription qui dans l'eau, il y a pas
que des choses nouvelles mais la grande
différence c'est que cette fois c'est
marqué dans la loi à la différence de
parce qu'on entend souvent que on va
avoir du glissement de tâche et cetera
mais en fait dans cette loi il y a là de
de ce que tu as parlé, il y a beaucoup
de choses qu'on fait déjà mais qui ne
sont pas marquées dans la loi. C'est
c'est bien ça si j'ai bien compris.
Exactement. C'est exactement ça.
C'està-dire qu'en fait c'est une loi qui
avait été demandée à l'époque par
l'ordre infirmier ensuite qui a été
travaillée avec le CNP infirmier qui a
été travaillé avec l'ensemble des
syndicats et des représentés infirmiers.
Donc c'est vraiment une loi corale je je
le dis aussi avant qu'elle arrive
justement à être débattue. C'est une loi
assez corale euh où on a remis à plat
tout ce que les infirmiers faisaient et
cette loi a repris tout ce que les
infirmiers faisaient, les a classifié
mais leur a donné une autonomie. C'est
au lieu de faire une liste d'actes a dit
voilà ça ça rentre dans telle
compétence, ça rentre dans telle
compétence. Donc il y a pas de
glissement de tâche. Il y a pas de
glissement de tâche. Il y a au contraire
un encadrement juridique de ce qui était
fait. Donc oui, on est sur quelque chose
qui se faisait déjà. Ce qui change,
c'est plus d'autonomie dans la façon de
le réaliser et un accès direct. C'est
vraiment ce qui est vraiment la
révolution et le fait aussi de
l'orientation. Je le redis encore, accès
direct orientation. Même si dans les
faits les infirmiers le faisaient, ce
n'était pas reconnu et donc pas
valorisé. Ça veut dire que de façon
autonome, on prend le patient, on
analyse effectivement ses besoins.
Est-ce que l'infirmier peut y répondre ?
S'il y répond, il y répond de façon
autonome, autant en terme soin que
prescription. S'il ne peut pas
pleinement y répondre ou pas du tout y
répondre, il oriente vers un autre
professionnel euh qui qui pourra y
répondre. Et donc, il est donc la
nouvelle porte entrée du système de
santé. Merci beaucoup Grégori. Est-ce
que du coup Gael tu peux nous préciser
un petit peu euh au niveau de
l'infirmier libérale du coup ce que ça
va changer concrètement et qu'est-ce que
tu voudrais dire pour aussi rassurer tes
collègues qui pourraient être un peu
dans dans le discours. On va encore nous
demander plus de choses et ce sera pas
on aura pas la rémunération qui va
suivre.
Alors moi je voudrais effectivement
rassurer les infirmiers libéraux parce
que j'ai beaucoup lu sur les réseaux on
va faire des choses en plus mais en fait
la consultation infirmière concrètement
on la faisait déjà. Sauf qu'elle était
ni reconnue ni payée. Et l'accès direct.
Alors c'est vrai que j'entends beaucoup,
c'est une révolution et cetera, c'est
une révolution mais notre rôle propre,
il existe depuis très longtemps, depuis
1978. Alors j'ai le droit de dire que
c'est très longtemps parce que c'est
l'année de ma naissance. Donc c'est très
très vieux et je trouve que c'est
important que enfin on ait cet accès
direct qui soit reconnu, qui puisse être
payé sur notre rôle propre. Alors
évidemment, ça va dépendre des
négociations de nos syndicats. C'est
aussi pour ça que nous dans le
collectif, on essaie de soutenir nos
syndicats sur ces négociation avec la
CNAM parce que on a bien conscience que
ça va être tendu. Mais je veux vraiment
rassurer les infirmiers jusque- là il y
a pas de choses en plus. Il y a juste
l'autorisation que le patient accède à
nous directement pour des choses qu'on
sait faire, pour des choses qu'on fait
déjà. En sachant que les patients en
fait, ils savent très bien, moi quand je
vais dans une famille, j'ai le voisin
qui me sollicite, j'ai la grand-mère,
j'ai la petite sœur et cetera. Ils
savent déjà qu'on est on fait partie du
système de santé, qu'on est auprès des
gens au quotidien. Sauf que moi, je me
retrouve extrêmement bloquée.
C'est-à-dire qu'effectivement, on me
présente une petite PL, je vais regarder
la PL, je vais donner mon avis, je vais
faire une consultation, je vais
peut-être faire un pensement, mais en
fait je suis pas payée pour ça. Alors ça
paraît très matérialiste, mais on vit de
ça en fait nous. Et ça me paraît très
important que les Français aient
conscience qu'ils vont pouvoir
s'adresser à nous pour ça et que nous on
va pouvoir être payé. Et quand on dit
que c'est pas une révolution, moi je
trouve que c'est une révolution parce
que notre métier enfin évolue vers
quelque chose de positif. Notre métier
enfin va avancer vers quelque chose.
Alors je sais bien que tout est à faire.
Je sais bien qu'il reste l'arrêté, qui
reste les négociations, qui reste tout
ça, mais j'ai quand même envie de dire
qu'on a enfin un signal positif.
Et ben merci beaucoup. Je pense que on a
besoin d'entendre ça aussi.
Effectivement, tu as d'autres choses à
compléter sur cette loi vis-à-vis de
l'exercice en libéral pour par les
infirmiers ?
Pas particulièrement, mais j'ai quand
même envie que les infirmiers soient
fiers de leur métier parce que je lis
beaucoup de choses sur mais moi je
saurais pas faire, moi j'aurais pas la
compétence, moi j'aurais on les a tous
les compétences, c'est notre rôle socle
en fait et je crois qu'il faut que les
métiers soient les infirmiers pardon
soient fiers de leur métier. Voilà,
c'est un message très positif mais
j'avais quand même envie de le faire
passer. Bah ça, on pourra en parler
pendant des heures du syndrome. Je pense
qu'on nous a répété pendant tellement
d'années, enfin on a tellement voulu
nous faire croire qu'on était des
exécutants et cetera à travers le prisme
politique et cetera que je pense qu'il y
en a beaucoup qui ont le syndrome, moi
j'appelle ça le syndrome de l'infirmier
ou de l'infirmière hein, maintenant
c'est de s'autoévaloriser. Merci
beaucoup euh Gael. Est-ce que alors ça
je crois qu' on avait pas fléché
quelqu'un là-dessus mais est-ce que
quelqu'un peut me répondre sur ce qui
pourrait changer à l'hôpital parce que
ça aussi c'est la question. Euh beaucoup
ont repéré euh enfin ont essayé de
repérer un peu ce qui allait se changer
au niveau libéral au niveau euh de
l'infirmier à l'hôpital concrètement. Je
sais pas si Grégoryi tu tu veux
continuer là-dessus et après on passera
à Laurent pour la fin de cette
partie-là.
Oui. Alors euh j'étais en plus je suis
euh ma carrière professionnelle. J'ai
commencé à l'hôpital, je suis je suis
juriste hospitalier. C'était mon premier
poste. Et en fait ça va tout
révolutionner à l'hôpital. ça va
vraiment tout révolutionner à l'hôpital
cette loi parce qu'en fait on va
vraiment pouvoir par exemple créer des
centres de consultation non programmés
avec des infirmiers et des IPA
évidemment et donc derrière avoir
vraiment une filière de prise en soin
qui va permettre de désengorger
notamment les urgences qui va permet
d'avoir une autre vision complète du
soin. Donc ce qui va changer à
l'hôpital, c'est une autonomie, des
centres de consultation, une prise en
charge vraiment. Alors, je sais que ce
mot euh est très mal employé euh et que
les gens n'aiment pas trop, mais moi je
dis clairement, la prise en charge de la
bobologie, c'est pas un mal de prendre
en charge la bobologie parce qu'encore
une fois, quand vous avez mal, quand
vous souffrez, quand vous avez peur en
ce qu'on appelle en nuit profonde,
c'est-à-dire en pleine nuit, vous avez
besoin d'être pris en charge. Et quand
on voit qu'aujourd'hui on a on a
effectivement des services d'urgence qui
peuvent fermer notamment la nuit par
manque de médecin, il y a aussi toute
cette partie-là, non pas de remplacer de
médecin, mais de prise en charge qu'un
infirmier pourra totalement faire et
faire très bien au regard de sa
technicité euh qui va révolutionner la
prise en soin H24 à l'hôpital. Donc oui,
ça va changer les choses mais il faut
que les hôpitaux l'acceptent. Les
hôpitaux et les cliniques et se
réorganise en fonction avec
potentiellement des service qu'infirmier
autonome en lien avec le corps médical
évidemment pour le suivi de certaines
pathologies. Et
est-ce que concrètement l'infirmier
pourra enfin prescrire le parastamol
qu'il donne depuis des années ?
C'est tout, c'est c'est tout l'enjeu.
Mais oui, on on l'espère et on attend
beaucoup de l'arrêté prescription qui
est pas encore sorti, qui à mon avis va
faire couler beaucoup d'encre. Mais il
faut effectivement qu'on soit dans un
principe, on est très en retard en
France he sur ces sujets, dans un
principe de logique. Comme on le dit
souvent, l'infirmier chez lui euh il
peut donner du paracétamol quand il a
pas sa blouse en tant que père ou mère
de famille. Par contre, il peut pas le
donner en tant qu'infirmier, ce qui est
une aberration au regard de ses
connaissances cliniques. Encore une
fois, moi je suis moi je suis pas
infirmier, hein, je suis juriste, je
suis le seul non infirmier de de cette
vidéo. Je suis juriste quand je vois euh
les compétences infirmières, quand je
vois justement peuvent largement donner
du paracétamol et bien d'autres choses.
Et il y aura aussi de l'adaptation, il
faut l'espérer, ça fait longtemps qu'on
l'attend, l'adaptation aussi des
pensements euh et sur les brûlures
aussi. Voilà, c'est des choses que
pourra faire l'infirmer de façon
totalement autonome. Il faut espérer que
l'arrêté soit aussi ambitieux qu'on en
ait besoin.
C'est important de préciser
effectivement que c'est pas parce que la
loi est sortie qu'on a tous les éléments
parce que comme tu l'as très bien dit,
tout va se faire pas arrêter par la
suite. Donc par exemple la question de
savoir qu'est-ce que peut prescrire
l'infirmier ? Bah pour l'instant on le
sait pas parce que c'est pas encore
l'arrêté n'est pas encore sorti et comme
tu disais, il va y avoir toutes les tous
les débats et notamment avec le corps
médical pour savoir jusqu'où peut aller
l'infirmier dans la prescription. Donc
si demain l'arrêté prescription devait
ne pas être ambitieux pour justement euh
ne pas froisser ne pas froisser le une
partie du corps médical euh et de
certains syndicats euh qui n'ont pas
envie que les autres professions euh
évoluent, euh dans ce cas-là, il
pourrait y avoir soit des recours, soit
des écrits qui disent "Attention,
l'intention du législateur
aller dans un sens de prescription de
tel point tel point." Le Dolipran a été
cité, les euh les PL ont notamment été
citées. Donc on a de la matière
juridique euh pour faire ça. Encore une
fois, comme tu l'as très bien dit, euh
je ressors souvent cette anecdote-là,
euh parfois on a tendance à un petit peu
trop anticiper pour ne pas froisser le
corps médical. Il faut rappeler que la
priorité dans ce genre de cas, c'est le
patient et surtout le patient.
Merci Grégory. Laurent, j'ai deux
questions pour toi un peu pénible. Euh
qu'est-ce que quit de la rémunération ?
C'est bien beau tout ça. On va faire
encore plus de trucs.
Et bien pour une fois dans la loi on
voit beaucoup hein les infirmiers qui
s'interroge sur cette rémunération. Euh
dans l'article 1, dans la Linéa Grand 3,
il y a une phrase qui est une
disposition normative euh qui dit "La
promulgation de la présente loi donne
lieu à une négociation sur la
rémunération des infirmiers afin de
tenir compte en fonction des différents
lieux d'exercice donc libéral,
hospitalier et cetera, des évolutions de
compétences envisagées et cette
négociation prend aussi en compte la
pénibilité du métier. Donc pour une
fois, il va y avoir cette prise en
compte à la fois de la rémunération mais
aussi de la pénibilité du métier.
Juridiquement ça importe et ça apporte
trois conséquences majeures. La
première, il y a une obligation de
négocier. Donc on peut pas mettre la
poussière sous le tapis. On est obligé
donne lieu, c'est pas facultatif. Donc
il y a vraiment euh du coup le
législateur qui impose aux employeurs à
la convention et cetera cette
négociation salariale. L'absence de
négociation bah du coup constituerait un
manquement aux obligations légales qui
pourraient être contesté. Deuxièmement,
la négociation c'est un objet contraint.
Elle doit tenir compte des évolutions de
compétences, des différents lieux
d'exercices, ce qui interdit de par
exemple une approche qui serait uniforme
et figée. Il faut vraiment qu'il y ait
des spécificités en fonction des lieux
d'exercice et de la pénibilité du
travail qui est déjà reconnu en droit
social et en jurisprudence mais qui va
devoir être creusé notamment, on pense
dans l'exercice libéral ou dans des
exercices de services hospitaliers qui
sont compliqués. Euh, autrement dit,
cette négociation, elle ne va pas
déboucher uniquement sur une
revalorisation salariale qui serait
unique juridiquement fragile car
déconnecté des autres critères, il faut
vraiment que ça comporte l'évolution,
les lieux et la pénibilité du métier. Et
la troisième, c'est une disposition qui
change un peu le rapport de force. Pour
moi, les organisations syndicales
disposent désormais d'un fondement
législatif explicite, c'est-à-dire
qu'elle va pouvoir saisir les instances
du dialogue social, alerter les
autorités de tutelle et le cas échéant,
engager des retours pour carencer l'État
ou les employeurs en cas de non respect
de la loi.
Il n'y a pas le choix. C'est-à-dire que
le gouvernement et la CNAM doivent
obligatoirement compétence par
concompétence nouvelle renégocier les
salaires, renégocier les salaires autant
à l'hôpital que en ville. Mais on est
dans un respect de la hiérarchie des
normes en France. Là, je fais un peu de
droit très rapide. La hiérarchie des
normes, c'est-à-dire que les normes se
superposent pas les unes comme les
autres. Je simplifie énormément, c'est
pas un cours de droit. Il y a la
Constitution, il y a les lois, il y a le
règlement et il y a le conventionnel. Ce
qui veut dire que on fait la loi avec
les décrets, les arrêtés, on met les
nouvelles compétences et à partir de
tout ça, on négocie. Et en fait, c'est
comme ça que ça a toujours marché. La
loi infirmière a bien faite parce
qu'elle le précise mais normalement,
c'est toujours comme ça que ça a été
fait. on fait la loi, on fait euh on les
définit, on les explicite et ensuite on
négocia le financier.
Et c'est ça quelque chose que je répète
souvent par rapport à ce que je peux
lire sur les réseaux sociaux. Quand les
premières réactions, quand on regarde
les tous les articles qui ont été
souvent malfaits par les journalistes
autour de la loi infirmière, toutes les
réactions, c'est quid de l'augmentation,
quit de l'augmentation, quit de
l'augmentation. C'est ce que j'explique
aux personnes tout le temps, c'est qu'il
faut d'abord justement grader les
compétences et c'est ce que fait la loi.
Et c'est aussi ce que j'explique et je
pense la meilleure manière d'illustrer
ce que tu viens de dire, c'est c'est
vraiment un pied dans la porte en fait
la loi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui le
pied, on peut plus le retirer mais par
contre effectivement maintenant reste le
travail d'ouvrir la porte et cetera.
Mais cette loi au-delà de légiférer ce
qu'on fait déjà et de nous sécuriser et
de nous ouvrir de de faire toutes les
révolutions dont on a déjà parlé dans la
première partie et ben ça nous assure
qu'on aura une augmentation par la suite
et que ça va devoir être négocié. Mais
il y a ça aussi dans la loi. C'est pas
comme s'il y avait que le côté
compétence, le côté primo accédent et
cetera. Il y a aussi le côté
rémunération qui est bien inscrite noir
sur blanc dans la loi. Ça c'est
important de le repréciser.
C'est tout à fait ça. Il y a cette
rémunération et surtout la pénibilité du
travail. Ça c'est vraiment quelque chose
qui est majeur parce que on est une
profession on sait qui est épuisée de
manière avancée à cause du travail et
cetera. Il va falloir reconnaître cette
partie-là et on évalue le prix d'une
maison quand les tapisseries sont
faites. C'est-à-dire que on le fait pas
quand tout n'est pas construit. Pour la
loi infirmière, c'est exactement pareil.
Il faudra tous les décrets, tous les
arrêtés et cetera pour lancer cette
évaluation. Et là euh les syndicals, les
centrales et cetera pourront pas dire
"Ben oui, mais c'est compliqué de
négocier." Non, il y a un outil
législatif qui permet cette négociation
autant financière que dans la
pénibilité.
Très bien. Et euh la deuxième question,
pareil, on a déjà un peu parlé mais on
la reformule. Beaucoup parlent de
glissement de tâches et du fait qu'on va
faire de la médecine la cause, qu'on va
s'improviser médecin, que on n'est pas
là pour remplacer les médecins, que euh
on a on n' pas les les années d'études
pour faire pour faire le travail du
médecin. Qu'est-ce que tu réponds à tout
ça de manière condensée ? Parce que ça
ça rejoint un peu le la même thématique
du glissement de tâche.
Alors, avant de partir sur glissement de
tâche, j'aime bien quand on dit on va
représenter des médecins euh médecins
qui sont pas suffisamment répartis sur
le territoire comme si on était sur un
surplus médical. Euh alors qu'en fait on
cherche à créer de l'accès aux soins
pour la population. Euh ce glissement de
tâche, on parle de certains parlent de
glissement tâche mais juridiquement le
terme n'est pas bon. Un glissement ça
supposerait que les infirmières exercent
en dehors du champ légal que ça serait
simplement un transfert informel. Or, ça
c'est ce qui se passe aujourd'hui. La
loi infirmière du 27 juin, elle fait
exactement l'inverse. Elle ne déplace
pas les tâches, elle les reconnaît. Elle
sécurise juridiquement les compétences
des infirmières qui sont déjà exercées
au quotidien sur le terrain. Cette
reconnaissance, elle est pas symbolique
comme ça. Elle va être vraiment en droit
lorsque la loi qualifie les compétences,
les responsabilités, les niveaux
d'expertise. cré mécaniquement, donc je
vous l'ai dit tout à l'heure sur le
statut et la rémunération, c'est un
principe du droit du travail comme en
droit. Elle peut pas reconnaître
davantage de compétences sans en tirer
ses compétences salariales. Donc c'est
pas vraiment des choses qui seront
faites en plus. Au contraire, c'est
toutes ces choses en plus que réalisent
les infirmières qui vont être reconnues
et avec des évolutions aussi. on le
reverra. Je je dirai une petite phrase
vraiment pour penser à ça pour après.
Euh c'est cette raison euh qui va amener
à reconnaître vraiment euh de la part
des législateurs de dire aujourd'hui la
profession infirmière fait plus que ce
que le cadre euh leur permet. On va
reconnaître ramener directement avec la
la rémunération. Et donc parler de ces
déglissement, c'est se tromper de débat.
Euh la loi va pas demander de faire euh
exactement plus aux infirmières que ce
qu'elles font. Déjà, n'oublions pas
qu'on a à côté une loi sur les ratios
patients infirmiers qui sont autour et
qui vont devoir aussi s'organiser autour
de tout ça. Elles reconnaît ce qu'elles
donc font de tous les jours. Ça ouvre ce
droit et aujourd'hui, on a vraiment un
exercice infirmier au sens large des
moles d'exercice qui est en train de se
révolutionner et d' et d'évoluer parce
qu'on a des évolutions et des
révolutions technologiques. Par exemple,
les pansements au début, il y a
plusieurs années, on faisait des
pansements qu'on devait changer tous les
jours, plusieurs fois par jour et
cetera. On a beaucoup de pansement
aujourd'hui qu'on laisse à l'air. Les
éparines à bas poids moléculaire sont
maintenant remplacées par ce qu'on
appelait les nouveaux anticoagulants
euros qui sont plus nouveaux que ça.
Aujourd'hui, il y a cette évolution de
choses qui fait que si je prends
l'exemple du libéral, si ces actes
disparaissent, et bien les prises en
charge infirmière vont disparaître.
tandis que si on l'accompagne au travers
de consultation euh d'accompagnement des
patients en sortie d'hospitalisation de
maintien à domicile différents euh
choses qui vont pouvoir exercer et bien
on remet la place de l'infirmière là où
où elle doit être auprès de la
population. Et il y a cette phrase de
Berkson que j'aime bien qui dit exister
ça consiste à changer changer à murir et
mûir à se créer indéfiniment.
Aujourd'hui, la population et la
profession infirmière, la discipline a
cette possibilité au travers de la loi
de continuer à se créer de nouvelles
manières pour pouvoir répondre à la
population, mais sur un fond qui est son
socle de compétences initialement et qui
va mécaniquement un petit peu évoluer
puisque ce qu'on dit c'est que ce qui
n'évolue pas disparaît.
Merci beaucoup Laurent pour cette
illustration. Euh dernier petit point
avant de terminer la partie une euh
Grégory, de manière assez conciste parce
qu'on on l'air de rien le temps fil.
Est-ce que tu peux nous parler des
modifications concernant les infirmiers
et infirmières puricultrices et euh la
notion d'infirmière de l'éducation
nationale et de l'enseignement supérieur
s'il te plaît ? sur les infirmières euh
de l'éducation nationale et de
l'enseignement supérieur. C'est un
amendement qui est arrivé au Sénat, qui
a qui a été adopté euh alors qui a été
soutenu par quasiment tous les groupes
politiques euh mais qui a été adopté
contre la vie du gouvernement. Euh c'est
assez important de montrer justement
aussi ce petit décalage. Donc ce qui
s'est passé c'est que aujourd'hui au
niveau législatif les infirmières de
l'éducation nationale sont reconnus
comme spécialité infirmière. Et alors ce
qui est nouveau en terme juridique,
c'est que normalement il y a très peu de
spécialités qui ont cette reconnaissance
à un terme législatif. Mais qu'est-ce
que ça va leur apporter en vrai ? Ce que
ça va leur raorter en vrai, c'est une
reconnaissance pour avoir des
compétences dites exclusives, c'estàd
compétences en plus, des compétences des
des compétences socles de l'infirmier.
Donc c'est pour ça qu'on parle d'une
gradation graduation euh des compétences
et des soins. C'est-à-dire que tu as le
métier socle infirmier et ensuite les la
spécialité sans pratique avancée qui est
euh infirmière de l'éducation nationale.
Spécialité avec des compétences de
pratique avancée IAD, PR IBOD et je
laisserai Vincent parler évidemment des
de la partie IAD et ensuite la pratique
avancée dite de plein exercice qui sont
les anciennes mentions. Donc déjà, ça
veut dire que pour les infirmières de
l'éducation nationale, il y a à la fois
une nouvelle obligation de diplôme. Il y
a des compétences complémentaires qui
devront être mis dans la partie dans
dans la partie réglementaire qui
s'appliquera à eux et une revalorisation
financière au regard de ces compétences
exclusives. Ça c'est pour les
infirmières, c'est pour les infirmières
de l'éducation nationale. Pour les
puéricultrices, elles ont été reconnues
comme infirmière de spécialité à ayant
une partie de compétences de pratique
avancé. Ça veut dire qu'elles aussi
elles vont devoir avoir des compétences
dites exclusives, une revalorisation,
une refonte complète de leur de leur
façon de travailler et de leur
référentiel de formation. Alors
effectivement dans les débats
parlementaires, c'est celles sur qui on
disait qu'il fallait qu'il y a un gros
travail sur la refonte de la formation.
Mais ça veut dire aussi compétences
exclusive. Et il y a un petit débat chez
les juristes. Moi, je suis plutôt de je
vais te donner ma vision. Il y a elles
auront des compétences exclusives de
spécialités qui s'appliqueront avec
accès direct et et une certaine
autonomie et des compétences de pratique
avancée, mais c'est une pratique avancée
dite dérogatoire qu'il n'a pas accès à
l'accès direct et à la primo
prescription. parce que c'est
dérogatoire. Donc on est vraiment dans
cette nouvelle gradation des soins mais
compétences exclusives pour ces deux
professions.
Merci beaucoup. On a du coup terminé
avec cette longue partie. Comme je
l'avais dit, c'était forcément la plus
longue partie de la vidéo sur le métier
socle. Vincent, je vais te laisser
enchaîner avec la partie 2 sur la partie
des iades en pratique avancée. Je te
laisse la parole et nous expliquer un
peu ce qui change pour les infirmiers
anesthésiste avec cette loi.
Comme l'a rappelé Grégory, la loi
infirmière a intégré en terme de
spécialité les puriculrices, les
infirmières de bloc opératoire aussi
parce qu'il faut pas les oublier et les
infirmières anesthésistes comme
spécialité infirmière en pratique
avancée. Alors on le rappelle bien et ça
va être le cas pour les IAD et c'est le
cas pour les IAD, c'est dérogatoire de
la pratique avancée. classique hein, il
faut être très clair. Il n'y a pas
d'accès direct lié à la pratique
avancée. Attention parce qu'il y aura
l'accès direct infirmier hein. Pas de
primo prescription lié à la pratique
avancée et aussi pas d'acte de
conclusion clinique. D'accord ? On dit
conclusion clinique pour pas dire
diagnostique hein. D'accord ? Voilà.
Soyons soyons clair. Donc qu'est-ce qui
s'est passé pour les infirmiers
anesthésistes ? Donc ils ont acquis
cette cette spécialité là de de pratique
avancée enfin en pratique avancée comme
les puè et les IBOD. et le décret
infirmier qui est sorti les a intégré au
code de la santé publique euh dans un
chapitre spécifique, hein, donc pas le
chapitre directement pratique avancée
classique, mais dans un chapitre
spécifique intitulé spécialité
infirmière en pratique en pratique
avancée, là où il y aura aussi les puur
et les ibodes plus tard. Cependant,
qu'est-ce qui change réellement
aujourd'hui ?
C'est vrai que c'est un gain euh d'avoir
obtenu cette appellation pratique
avancée, mais en pratique, il a un petit
peu un jeu de mot hein, en pratique
aujourd'hui, mais j'ai envie de dire que
rien ne change. Euh pourquoi ? Parce que
le décret infirmier en terme
réglementaire a donc créé cette pratique
avancée spécifique pour les IAD.
Cependant, en terme de pratique sur le
terrain, c'est le même qu'avant.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'évolution
sur les modalités de pratiquade, hein.
C'est-à-dire que il y aura toujours une
consultation obligatoire par le médecin
anesthésiste. Donc le médecin devra
automatiquement avoir examiné le patient
avant la prise en charge de l'I et il y
aura toujours la stratégie anesthésique
euh qui est qui devra être écrit par euh
le médecin anesthésiste avant que l'i
prenne en charge le patient. Donc pour
l'instant en pratique, il n'y a pas de
il n'y a pas de consultation
d'anesthésie autonome de l'IA par
exemple sans passage devant un médecin
anesthésiste ni une stratégie
anesthésique autonome de l'i donc en
fait l'i est en pratique avancée mais
sur un cadre d'acte qui est le même
qu'il avait avant. Donc pour l'instant,
il n'y a pas d'évolution euh
pratico-pratique.
On verra par la suite ce que ça peut
amener parce que ça va sans doute amener
des choses euh peut-être intéressante
pour les IADES. Et il y a actuellement
des réflexions possiblement pour faire
évoluer leur acte euh ou leur statut
aussi hein qui peut évoluer. Mais euh
actuellement légalement,
réglementairement euh à part
l'appellation pratique avancée, euh rien
ne change euh dans le concret à part euh
ce qui va être euh ce qui va être
apporté par les textes liés aux
infirmiers bien évidemment parce que ce
que vont obtenir les infirmiers les
IBOD, les IAD et les PUI l'obtiennent
aussi. Mais en tout cas, pour revenir
euh aux infirmiers euh anesthésistes
diplômés d'État, on en est là
aujourd'hui. Donc euh une validation
d'une pratique avancée dérogatoire de la
pratique avancée classique, mais pour
l'instant concrètement euh dans leur
positionnement au sein des
établissements euh et vis-à-vis du
médecin anesthésiste, ça ne bouge pas.
Et qu'est-ce qu'il faudrait du coup pour
par exemple que les IAD se retrouvent à
faire de la consultation ou qu'il n'it
pas besoin d'avoir une stratégie
d'anesthésie par exemple ? Qu'est-ce qui
est-ce que ce sera possible par
évolution ?
Alors déjà réglementairement, c'est pas
possible aujourd'hui parce que
réglementairement euh ça a été ça a été
figé dans la loi actuellement hein. Il y
a tout simplement donc pour l'instant ce
n'est pas possible. Euh clairement il y
a clairement écrit que euh il travaille
toujours sous le contrôle exclusif du
médecin anesthésiste. He donc il y a
toujours le terme contrôle exclusif. En
fait, rien n'a rien n'a changé par
rapport aux anciens aux anciens textes,
hein. Et il y a toujours une obligation
de consultation du médecin anesthésiste
et de stratégie anesthésique par le
médecin. Alors oui, ça peut évoluer bien
évidemment, tout texte peut évoluer en
terme réglementaires, mais euh ça va
être quand même une bataille qui va être
compliquée selon moi euh parce que je
sais qu'actuellement, il y a des
réflexions au sein des organisations euh
d'infirmière anesthésiste et ils ont
raison. Ils ont raison parce que il faut
il faut aller plus loin que cette simple
appellation de pratique avancée.
Cependant, on sait aussi et on va pas se
mentir que les syndicats d'anesthésistes
notamment libéraux souhaitent rester euh
figé dans cette situation là,
c'est-à-dire l'appellation pratique
avancée mais sans actes nouveaux pour
les les IADES et sans évolution dans
leur cadre légal. Euh donc ça va être
euh un rapport de force entre ce que
peuvent proposer euh les organisations
de la firme anesthésiste et ce qu'on
entre guillemets vont euh
potentiellement accepter les médecins
anesthésistes et bien évidemment ce que
pourrait accepter le législateur par la
suite parce que euh il faut quand même
pas oublier que si il y avait une
acquisition par les IAD notamment d'une
consultation et la possibilité de faire
sur une certaine forme une stratégie
d'anesthésie notamment pour peut-être
certaines interventions voir certains
examens euh bah ça serait une vraie
révolution au niveau des blocs. Ça
pourrait être intéressant, ça pourrait
fluidifier la prise en charge de
certains patients. Euh mais pour
l'instant euh ce n'est pas à l'ordre du
jour en tout cas en terme légal et
réglementaire.
On va passer à la troisème partie. Du
coup, merci beaucoup Vincent pour ces je
pense qu'il y avait pas mal de questions
et j'ai même des collègues inesthésistes
qui se posaient ces questions là. Donc
merci beaucoup Laurent. Pour conclure la
vidéo, on a parlé de d'infirmière
pratique avant de d'infirmer
anesthésiste en pratique avancée,
pardon. Il faut maintenant qu'on parle
de la pratique avancée dans sa
globalité. Qu'est-ce qui change avec
cette loi infirmière ?
Euh donc quand on parle de la pratique
avancée, il faut sortir un peu euh je
veux rassurer un peu tout le monde,
d'une lecture réductrice qui serait
centrée uniquement sur des actes ou une
comparaison métier socle contre les IPA
et cetera. Euh la loi infirmière donc
elle opère en réalité un changement
beaucoup plus structurant. Euh, elle
inscrit donc la pratique avancée dans
une logique populationnelle et bien
évidemment graduée des soins. La
pratique avancée, elle n'est pas pensée
comme une surcouche qui est
individuelle, mais comme un niveau
d'intervention adapté à des besoins de
santé identifiés sur les territoires
pour une population donnée.
La loi, elle introduit explic
explicitement pardon cette approche
populationnelle notamment dans la
matière dont sont définis les lieux
d'exercice. Il y a eu des nouveaux lieux
d'exercices qui ont été rentrés et avec
des parcours et des missions
spécifiques. On ne raisonne plus
uniquement par patient patient par
patient mais en terme de cohérence des
parcours de prévention maladie chronique
santé mentale vieillissement d'oncologie
et autres situations complexes. On
aborde donc cette graduation des soins.
Et cette graduation des soins, ça veut
dire que cette pratique avancée qui se
base sur les compétences de la
profession socle et bien elle va se
baser sur les nouvelles compétences.
Donc par exemple dans les cotations chez
les IPA, on avait l'entretien de soins
IPA, séance de soins IPA. Exactement. Et
bien maintenant on va pouvoir parler de
consultation IPA. Euh il n'y a pas de
raison puisqu'on parle de consultation
infirmière et qu'on a ce sole commun et
c'est ça qui donne la force de
graduation et la force de la discipline
infirmière, c'est que euh il y a une
structuration solide dans la base et
chaque évolution de compétences qui se
font se font sur cette base-là. Donc
c'est pas une opposition qu'il faut y
voir, c'est plutôt une complémentarité
avec cette graduation et capacité euh
qui est reconnue euh par rapport à la
pratique avancée d'approche
populationnelle. Euh aujourd'hui, on
sait que dans les mentions euh
pathologie chronique stabilisée,
prévention polypathologie courante en
soins primaires et psychiatrie et santé
mentale,
ça regroupe plus de 80 % des étudiants
qui partent en formation. C'est-à-dire
que tout le reste représente un peu
moins de 20 % euh parce que l'approche
est un peu moins populationnelle et on
voit que euh plus cette approche est
large dans l'action et meilleur est le
recrutement. Donc vraiment euh c'est
cette partie-là que vient sanctuariser
la loi infirmière. C'est ça qui est
intéressant dans cette loi, c'est qu'il
y a vraiment eu une réflexion et qui a
été enrichie par chacun des passages. On
est parti d'une profession, on rajouté
les iades, ont rajouté l'approche
populationnelle pour la pratiquer, le
premier recours qui peut bénéficier,
l'accès direct au rôle propre pour les
infirmiers et cetera. Et donc tout ça
euh ça entraîne cette cohérence en fait
avec une reconnaissance globale des
compétences et qui va être gradué en
fonction. Pour les IPA, il y aura donc
la diversité des lieux. Il y a la PMI,
enfin différentes choses de l'enfance
qui vont être mises et qui ont été
reconnues. Et bien évidemment, on
rebondit autant pour les iades que pour
tout le monde sur cette rémunération qui
va devoir euh arriver par rapport à ça.
Je pense que il faut absolument éviter
de tomber dans un travers qui d'une
profession qui manque de reconnaissance
serait quelque part une un affrontement
fraticide ou matricide, je sais pas
exactement comment on peut le dire, mais
plutôt d'essayer de voir ce qu'apporte
chacun à l'autre pour pouvoir créer cet
exercice en commun et surtout qu'il soit
transformé à la fois dans la
reconnaissance pleine entière des
compétences inf infirmière mais aussi
dans l'offre de soins auprès de la
population.
Et ben je pense que c'est une belle
conclusion parce qu'effectivement dans
les débats corpaux qu'on peut avoir, on
oublie souvent le patient. Alors que là
l'objectif de tous nos débats en tant
que professionnel de santé c'est certes
bon c'est aussi d'être bien en tant que
professionnel de santé mais c'est avant
tout que les modifications profitent au
patient et on sait ça c'est quelque
chose aussi je répète souvent que le
maillage du territoire bah peut être
enfin doit inclure absolument les
infirmiers pour pour accentuer l'offre
de soins et cetera. Donc est-ce que il y
a des une dernière chose que vous
voudriez dire qui a pas été abordée ou
est-ce qu'on s'arrête là ?
Je voudrais aborder un point par rapport
aux textes qui vont sortir, c'est-à-dire
l'arrêté des actes et l'arrêté de
prescription pour pour soulever un point
qui selon moi est essentiel. Euh et on
l'a vu avec les êtres soignants, je
m'explique. Nous avons nous allons avoir
des centaines de milliers d'infirmiers
que qui vont devoir réactualiser leurs
compétences. Et euh quand le dernier
référentiel de soignant est sorti, euh
l'État a mis plusieurs années pour
sortir un texte qui permet
l'actualisation des compétences des
aides soignants qui étaient diplômées
avant le référentiel. Euh et là, nous
allons avoir un arrêté d'acte qui va
sortir et un arrêté de prescription qui
va euh mettre en place de nouveaux actes
clairement pour les infirmiers. Et donc,
il va y avoir automatiquement des
formations d'actualisation des
compétences. Et j'espère juste que
l'État va sortir un texte rapidement qui
va permettre de mettre en place euh de
façon efficace euh l'actualisation des
compétences des centaines de milliers
d'infirmiers sur le terrain parce qu'on
peut très bien avoir des textes qui
sortent aujourd'hui avec des infirmiers
qui actualisent leurs compétences en 5 à
10 ans. Mais je rigole pas hein parce
que il faut savoir que dans les derniers
référentiels aides soignants, pas celui
de 2021, celui d'avant, on avait des
êtres soignants encore 10 ans plus tard
qui n'avait pas actualisé leurs
compétences. Donc euh c'est très bien
les textes qui vont sortir, mais il va
falloir vraiment s'organiser très
rapidement euh pour que de façon
efficace euh il y aura une que
l'actualisation des des professionnels
déjà diplômés se mette se mette en place
rapidement. Euh bien sûr, les étudiants,
eux, ils auront un nouveau référentiel
de formation, mais euh pour les
personnes sur place, il va falloir
actualiser leurs compétences et on va
pas se mentir, ça va prendre plusieurs
années. C'est sûr que ça va prendre
plusieurs années, mais plus on le mettra
en place rapidement,
plus euh on pourra avoir une meilleure
prise en charge du patient. point un
point politique mais important pour
montrer à quel point cette loi est
importante alors que on avait des
censures de gouvernement alors qu'on
avait des dissolutions, une assemblée
nationale particulièrement divisée a
réussi à voter le texte infirmier à
l'unanimité et le Sénat a suivi. Ça
montre que le sujet infirmier et de
l'accès aux soins parce que les deux
étaient liés sont des sujets d'unité
nationale et c'est important c'estd que
cette loi elle est puissante parce que
dans un moment où la politique était
dividée, elle a un donc c'est pour ça
qu'elle doit s'appliquer. Et j'en
profite pour remercier et je pense que
c'est important de dire remercier quand
même les équipes de de la DGOS qui
malgré des changements successifs de
ministre continuent à sortir les textes.
On est au milieu, il y a plein de textes
à sortir, faut les soutenir quand même
parce que c'est très compliqué de
travailler dans ces conditions et moi je
tenais à les saluer.
Merci beaucoup pour votre temps et votre
implication dans la profession
infirmière bien évidemment, c'est ce qui
nous réunit autour encore une fois de
cette table virtuelle. Vous le savez,
sur les réseaux sociaux, je parle de
santé mais aussi de ma profession,
défend ma profession et surtout j'essaie
de montrer aux infirmiers on peut faire
beaucoup de choses. Je le dis très
souvent avec un diplôme, on peut faire
des milliers de métiers différents et on
peut aussi faire beaucoup de choses
seules sans qu'on nous tienne par la
main. Ça fait plusieurs fois que je le
dis, on vit une époque charnière pour la
profession infirmière et il est hyper
important que l'on soit uni, que l'on ne
se tire pas dans les pattes et qu'on ne
participe pas à la diffusion de fake
news. S'il vous plaît, chers conœurs,
chers confrères, arrêtez les
commentaires qui dénigrent cette loi
alors que vous vous tirez une balle dans
le pied. C'est vraiment l'avenir de la
profession est en train de se jouer,
l'avenir pour les patients, le maillage
des soins au niveau du territoire et ne
vous inquiétez pas, la rémunération va
suivre. Merci à toutes et à tous d'avoir
regardé cette vidéo. N'hésitez pas à la
partager s'il y a une vidéo dans l'année
en 2026 à partager, c'est celle-ci pour
informer et fa checker toutes les fake
news qu'on peut voir sur les réseaux à
ce sujet-là. N'hésitez pas à vous
abonner si ce n'est pas déjà fait et
encore merci à Grégory, Gael, Laurent et
Vincent d'avoir pris le temps de
participer à cette vidéo. Je vous dis à
la prochaine. Salut !
reason,
but it's not
UNLOCK MORE
Sign up free to access premium features
INTERACTIVE VIEWER
Watch the video with synced subtitles, adjustable overlay, and full playback control.
AI SUMMARY
Get an instant AI-generated summary of the video content, key points, and takeaways.
TRANSLATE
Translate the transcript to 100+ languages with one click. Download in any format.
MIND MAP
Visualize the transcript as an interactive mind map. Understand structure at a glance.
CHAT WITH TRANSCRIPT
Ask questions about the video content. Get answers powered by AI directly from the transcript.
GET MORE FROM YOUR TRANSCRIPTS
Sign up for free and unlock interactive viewer, AI summaries, translations, mind maps, and more. No credit card required.