Blue monday, déprime, santé mentale : du mal-être intérieur au mal du lien
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Et bonjour à toutes et à tous. J'espère
que vous allez bien. On se retrouve pour
le premier live de l'année sur la chaîne
YouTube de l'Arche et en direct aussi
sur Facebook, sur les groupes Facebook
pour ceux qui nous suivent de ce
côté-là. Et euh on va parler Blue Monday
aujourd'hui. Enfin, ça va être plutôt un
prétexte pour parler de pas mal de
choses qui nous passionnent au sujet de
l'hypnose, du rapport humain, de la
solitude et de la gestion des émotions
dans notre société très individualisée
et très individualiste. Et j'ai euh bah
pour discuter sur ces sujets, pour
échanger sur ce sujet, deux personnes
euh assez extraordinaires. Euh vous avez
l'air très sérieux au moment où je dis
ça.
Yan et vous êtes tous les deux
formateurs en hypnose. Vous êtes tous
les deux aussi accompagnant, praticien.
Y toi tu es à la fois aussi historien et
ça va être intéressant d'avoir aussi ton
regard d'historien puisque c'est une de
tes anciennes tranches de vie sur cette
question là avec la manière dont les
choses ont pu évoluer dans la manière
dont leur lien social se crée dans nos
sociétés. Euh Cyril, toi tu es aussi un
côté chercheur aussi puisque tu as été à
l'initiative du centre de recherche de
l'arche et tu t'occupes aujourd'hui
toujours de la partie développement et
régulièrement tu t'intéresses bah tout
ce qui change dans la manière dont la
thérapie arrive aujourd'hui à interagir
avec nos sociétés et sans doute qu'il y
a pas mal de sujets qui vont faire
connexion avec le thème du jour. Comme
d'habitude et bien vous avez le chat
pour interagir avec nous. On est
ensemble pour environ 3/4 d'heure, 1
heure. Ça va laisser aussi de l'échange
pour vos questions, pour vos
interrogations, va interagir avec vous.
Donc laissez-nous vos commentaires, vos
questions. S'il y a des questions qui
vont dans le fil du live, je les
prendrai au fur et à mesure. Sinon, on
prendra aussi un espace à la fin du live
pour pouvoir échanger. Et euh et puis
évidemment, bah il y a plein de sujets
qu'on va pouvoir aborder là. On espère
que ça va vous ça va vous plaire. Comme
d'habitude, si vous aimez ces contenus,
n'hésitez pas à les partager, à vous
abonner à notre chaîne YouTube puisque
ça vous permet aussi d'être prévenu
quand on lance ce genre de contenu. Et
puis euh bah, vous pouvez aussi activer
la petite cloche de la chaîne YouTube,
ce qui vous permet d'avoir les
notifications quand on prépare des lives
comme ça parce qu'en général, on a fait
un mardi sur deux.
Peut-être pour introduire un petit peu
ce sujet, puis après on va on va se
lancer dedans. Euh aujourd'hui, il y a
un mal qui est de plus en plus profond
dans notre société moderne, c'est tout
ce qui va être la sensation d'isolement.
Là, c'est vrai que il y a le il y a ce
fameux Blue Monday qui à la base est une
est une accroche marketing avec l'idée
que ça serait le jour de la déprime dans
l'année. Euh après les vacances de Noël,
c'est encore l'hiver, les journées sont
courtes. Euh donc ça a été mis en place
comme étant le jour où les gens sont
entre guillemets le moins joyeux dans
l'année. Donc c'est le je sais plus
c'est à chaque fois le premier ou lundi
de 2 deè lundi de du mois de janvier.
Et autour de ça, il y a cette idée qu'il
y a des moments évidemment on va sentir
un peu plus dans notre vie l'isolement
social principalement. Et on sait dans
les cabinets de consultation, au-delà
d'un d'un jour un peu symbolique comme
ça, qu' de plus en plus de personnes qui
vont venir vers l'accompagnement
thérapeutique parce qu'ils vont souffrir
de cette solitude. Je donne deux trois
chiffres quand même. Euh en 20 ans, le
temps passé entre amis a baissé de 30 à
40 % dans notre société. Je trouve ça
incroyable. Euh il y a un français sur
trois qui vit seul. pareil hein, c'est
surtout dans les grandes villes, mais
c'est aussi une idée peut-être qu'on a
du mal à se représenter. 7 millions de
Français qui se déclarent isolés, ça
c'est une étude qui date de 2023, donc
assez récente. Et c'est surtout aussi
chez les jeunes 12 25 ans que la
solitude a énormément explosé et on sent
que c'est quelque chose qui est pas
juste une une petite tendance mais qui
est vraiment très structurelle dans
notre société. On a l'impression que la
la notion du lien humain a changé et
évidemment bah en tant qu'accompagnant,
c'est des questions qu'on se pose parce
que bah nos clients se posent ces
questions-là. Euh peut-être Yan pour
introduire un peu sur ce sujet,
qu'est-ce qui a changé euh ces 15
dernières années, ces 15 20 dernières
années et qui a amené à ce à ce constat
qu'on peut déjà commencer à faire là ?
Alors déjà, bonjour à tout le monde,
chers collègues et amoureux d'hypnose et
une très bonne année à tout le monde.
Euh ce qui a changé ces dernières années
est tout simplement une accélération de
phénomènes qui étaient déjà présents.
Euh aujourd'hui, les tranches
des jeunes et les le trisème âge sont
particulièrement touchés par
l'isolement. On se retrouve dans des
formes de sociabilité qui ont grandement
évolué et il y a un certain nombre
d'auteurs, notamment américains, de
sociologues, d'historiens qui sont
penchés sur ces questions et qui qui
nous qui nous permettent en fait de
réfléchir à la manière dont on
accompagne, dont on propose de soutenir
des personnes qui vont souffrir malgré
elles d'un phénomène qui est en fait
social. Donc ce qui a changé déjà, c'est
pour le faire pour le dire de manière
très courte, c'est qu'il y a une
intensification du sentiment d'isolement
à la fois pour les personnes qui vivent
seul et pour les personnes qui se
sentent entourées. il y a une très très
forte perte du lien et puis euh il y a
eu aussi en fait des formes de
sociabilité qui se sont considérablement
modifier qu'on prennent juste comme
simple exemple le phénomène dont on doit
entre collègues beaucoup entendre parler
dans le dans nos cabinets du ghosting
pour une rupture la la rupture de lien
la fin de relations sans explication
de relations amoureuses de relations
amicales mais aussi de relations
parentales et c'est quelque chose chose
aussi qui s'intensifie et qui fait
l'objet d'étude. Il y a comment dire une
espèce de divorce qui touche les parents
et leurs enfants adultes de plus en plus
avec des ruptures de lien avec les
petits-enfants, avec les enfants, avec
différents ascendants.
Je pense aussi qu'il y a eu des effets
liés à la fois au télétravail et à la
période Covid. Bref, aujourd'hui pour le
dire d'une manière
très simple, il y a une accélération de
l'isolement et du sentiment d'isolement
pour
Est-ce que
tu attribues ça aussi au fait que dans
notre société, il y a de plus en plus de
changements. Il y a il y a un concept
qui est celui de la modernité liquide
euh et notamment bah le fait en général
on va changer plus facilement de métier,
de conditions de vie, déménager et
cetera comme s'il y avait moins le temps
d'enraciner des liens, de créer des des
liens forts. Je parlais du gosting, ce
n'est possible que dans un monde où on
ne croise pas les gens. Euh donc des
endroits où il y a beaucoup de densité
humaine et donc beaucoup d'anonymat
aussi.
Bah le ghosting autrefois n'était pas
possible. On allait rencontrer jusque
dans les années 1930, aller jusqu'à la
génération de nos grands-parents, on
allait rencontrer nos nos conjoints nos
conjointes dans un espace assez confiné,
assez limité. Si on se mettait à
maltraiter nos postiels partenaires
amoureux, ça se savait. Il y avait un
contrôle social, il y avait une
régulation sociale qui empêchait ça.
Aujourd'hui, c'est une espèce de de Far
West où on peut à la fois s'autoriser
tous les comportements et on est pris à
la fois par une offre, par un choix qui
est beaucoup plus large qu'autrefois au
niveau amoureux. Donc ça crée des
hésitations. Et on a on a un sociologue
américain qui s'appelle Robert Putnam
qui parle d'un monde liquide et qui a
fait un livre qui a fait énormément de
bruit au début des années 2000 et je
pense qu'on devrait le connaître en tant
que praticien en hypnose qui s'appelle
bowling solitaire en français. Bowling
alone. Je l'ai pas lu en français mais
je pense que c'est c'est très bien. En
gros, il explique que en une
cinquantaine d'années, il y a une chute
terrible des associations, des
syndicats, des groupes autour des
églises, du bénévolat. des des groupes
de collègues qui se retrouvaient après
le le travail et de ce que lui il
appelle la confiance sociale. Alors, il
prend l'exemple assez assez fort, assez
flagrant. Les Américains aujourd'hui
continuent à jouer au bowling mais de
plus en plus tout seul. Ils sont plus
dans des ligues, ça prend plus la la
même la même importance. Et avant en
fait quand on allait mal, bah il y avait
tout un tout un voisinage, il y avait
l'église, il y avait le club de
quartier, il y avait la famille, la
famille élargie, il y avait les
collègues. Et aujourd'hui, tout ceci a
reculé et Putman dit que en fait
maintenant on se retrouve face à une
souffrance privatisée. C'est-à-dire qu'à
la fois, on va responsabiliser les
individus. On va même, il y a énormément
de stigmates sociaux qui remontent à à
très loin. On pourra en parler après.
Euh les gens se sentent coupables de ne
pas arriver à être en lien. Les gens
souffrent de ne pas être en lien et il y
a des bonnes raisons pour lesquelles ils
souffrent. Et autrefois euh on allait
pas forcément mieux, il y avait pas
forcément moins de problèmes, mais par
contre on avait plus de soutien, on
était plus dans des échanges quotidiens.
Là, on est en train de découvrir et ça
affecte forcément notre manière
d'accompagner des personnes qui sur des
semaines entières n'ont pas de contact
sociaux à part avec la caissière, à part
avec en de manière très informelle. Donc
déjà c'est liquifié en fait
en apparence c'est quelque chose qui a
été désiré puisque c'est souvent associé
à une forme de liberté de pouvoir se se
désengager plus facilement de pouvoir
être plus mobile plus fluide il y a il y
a à la fois quelque chose qui est
recherché par les personnes et qui va
avec cette idée d'individualisme comme
étant quelque chose qui a été très prené
dans notre société une sorte d'idéal qui
peut exister. On le voit aujourd'hquer
d'être seul avec l'idée bah il y a rien
mieux que d'être seul et cetera. Donc à
la fois il il y a une conquête qui a
permis ça et en même temps il y a des il
y a des problèmes qui en découlent.
Il y a deux facettes du coup non dans
dans ce qu'on dans ce qu'on en perçoit
aujourd'hui.
Oui. C'est-à-dire que en fait à la base
comme dans beaucoup de processus
humains, ça part d'une bonne intention.
C'est un c'est un sociologue polonais
qui a ensuite fait sa carrière aux
États-Unis qui s'appelle Zigmund Bowman
qui parle justement d'un d'un monde qui
s'est qui s'est qui s'est liquéfié. En
fait, ce qu'il dit, c'est qu'on a troqué
le collectif, la collectivité pour la
commodité. Effectivement, autrefois,
vivre dans un village ou vivre en en
quartier ou vivre avec sous le regard
d'une famille plus ou moins large, ça a
imposé des contraintes euh ça a imposé
énormément d'échanges, ça a imposé aussi
un regard, ça a imposé une société
beaucoup plus normative.
Et lui il associe ça justement au
comment dire au côté qu'il est plus
confortable aujourd'hui.
On a pas besoin par exemple pour passer
ces ces ces veillés d'hiver d'aller chez
le voisin cette tradition jusqu'au allez
jusque dans les années 1900 dans les
villages de campagne on prenait une
chacun amenait une bûche chez le voisin
qui qui recevait et puis en fait on se
regroupait autour de l'âtre et des fois
on échangeait des ragots, on échangeait
des histoires,
les enfants jouaient, on bricolait un
peu les outils, on faisait du tricot. Il
y avait un côté même les gens qui
avaient pas envie de parler, même les
gens qui étaient ronchons, même les gens
qui pe rester avec un livre au moment où
la lecture a commencé à s'imposer 19e
siècle le faisait mais avec des
présences humaines. Euh
et et du coup le fait que ça soit autant
parce que aujourd'hui dans les médias
c'est très valorisé ce côté
individualiste, c'est c'est même très
exposé, très mis en avant. Est-ce que ça
empêche pas même de de se rendre compte
que parfois ça ça pose des
problématiques ? parce que j'ai
l'impression qu'en cabinet, je sais pas
si c'est ce que tu vis aussi Cyril, les
gens viennent pas forcément nous voir
par pour ces problèmes de solitude mais
pour des conséquence de ces problèmes de
solitude comme si la cause était pas
toujours identifiable et identifiée.
Oui, parce en effet, je le constate euh
moi mon expertise est pas trop au niveau
sociologique, mais de ce que je
comprends au niveau sociologique, c'est
qu'en c'est c'est qu'on on est dans une
on est dans une civilisation qui a une
tendance individualiste généralisée. Et
cette tendance, bon ça on le sait tous
hein, mais cette tendance en fait ça
crée des a prioris en terme de
définition de soi par rapport à autrui,
en terme de bien-être et cetera. aussi,
il y a des personnes qui vont venir en
cabinet et et tu et tu vas voir que
c'est très c'est très pernicieux pour
pour nous praticiens en hypnose qui sont
à l'écoute de la demande du client. euh
c'est qu'il y a des personnes qui vont
dire "Si je me sens seul, c'est donc il
y a quelque chose qui va pas chez moi et
j'aimerais donc rester dans ma solitude
et mon isolement mais m'y sentir bien
puisque cette civilisation me dit que je
suis censé m'y sentir bien." Donc en
gros euh je ressens je ressens une je
ressens une cause d'isolement et des
symptômes qui sont je m'y sens pas très
bien. Et donc c'est donc que j'ai un
défaut de régulation dans une situation
qui est normale parce qu'elle est
normée. Et ça en effet en cabinet on
l'entend. Nous praticien en hypnose, on
est pris en porte àfa entre ces deux
choses à cet endroit-là parce que d'une
part on se dit bah moi je suis censé
être en lien avec la demande du client.
C'est pas à moi de le recadrer en lui
disant oui mais au niveau idéologique il
faudrait peut-être quelque chose de plus
collectiviste parce qu'il est peut-être
là le problème et cetera. Et ça peut
vite déraper si on commence à projeter
nos idéologies et nos a prioris de
bien-être sur le client. Et en même
temps, d'un autre point de vue, on se
dit bah oui, mais il y a quand même une
inscription sociale de la problématique
et des injonctions à se réguler en
pérénisant la problématique dans
laquelle moi praticien si si je vais
là-dedans, je je continue à je continue
à amplifier une des causes du problème.
Donc en effet, ça soulève pas mal de
questions en cabinet. C'est
c'est c'est une je prends un exemple un
peu différent parce que je trouve que
c'est c'est une des grosses questions
qu'on se pose en effet en tant
qu'accompagnant. Je prends car un peu
caricatural. C'est comme quelqu'un qui
me dirait voilà moi je je veux perdre du
poids et et en même temps bah je je
mange je sais pas du fast fo toute la
journée et on on cette personne verrait
comme la la solution le fait de faire
plus de sport mais évidemment ça ça
demandait de faire énormément de sport
pour compenser un apport calorique qui
serait peut-être beaucoup trop grand et
on voit bien qu'à ce moment-là ça serait
intéressant d'orienter vers la question
de d'une autre cause possible et en même
temps comme tu le dis Cyril ça nous met
dans une position qui est peut-être une
position un peu délicate parce que qui
peut faire sortir la personne d'un d'un
certain prisme. Et c'est toujours cette
questionl quel est notre rôle par
rapport à ça ? Est-ce qu'on peut ouvrir
cette possibilité ou pas ? C'est une
question éthique qui est qui est majeure
au fond.
Alors, on va aller vers des des idées de
pas de solution mais en tout cas de
pistes de réflexion après. Mais pour
continuer un petit peu le le constat, il
y a une donnée que tu nous avais envoyé
Yan quand on a préparé le live que je
trouve hyper intéressante. C'est c'est
une étude qui dit que a priori le
cerveau est calibré pour avoir environ
150 relations stables. Tu peux nous en
parler un peu parce que tu vois c'est un
truc c'est le nombre de dumbar, c'est
célèbre en anthropologie.
Euh en gros, le cerveau d'un enfant qui
vient un être au monde est adapté au
monde du paléolithique, c'est-à-dire le
monde du clan, de la tribu,
d'interaction multiple, de famille
élargie, famille souche, famille
élargie. Donc on va être avec nos nos
ascendants et ce qui fait que un enfant
lorsqu'il nî va avoir ce réflexe, c'est
en tout cas la réflexion de certains
anthropologues dont Dun bar de se sentir
entouré de présence amis,
ce qui n'est plus le cas déjà.
déjà aujourd'hui, ça donne des
réflexions notamment sur les personnes
qui ont du mal à dire non, qui ont du
mal à poser des limites, qui ont du mal
en fait à mettre des filtres sur la
confiance parce qu'autrefois c'était
très simple. Un cerveau humain est est
construit d'une certaine manière de ce
point de vue-là qui est une hypothèse
que je trouve assez intéressante. Il
construit d'une manière territoriale. Il
y a village ou ma la zone de de vie du
clan et puis ensuite il y a les
territoires autour plus ou moins
explorés. Il y a des zones avec des des
alliés, des personnes avec qui on va
échanger, puis il y a des zones où on
sait qu'on va être en hostilité. Et
aujourd'hui, par exemple euh on a plus
certains mécanismes qui nous permettent
en fait d'établir des relations stables
avec un nombre de personnes données. Ce
que disait bar, c'est qu'en gros, on va
pas pouvoir ou alors difficilement on va
avoir du mal à développer des relations
vraiment stables, vraiment intenses,
vraiment nourries avec plus de 150
personnes dans notre vie. Alors c'est 50
personnes, c'est pas 150 personnes qui
sont notre meilleur ami ou à qui on est
en lien amoureux. C'est un continuum.
C'est c'est c'est des relations. Et
aujourd'hui, si on pense à l'exemple des
réseaux sociaux, des multiples
interactions, des sursollicitations, ben
on va avoir aussi du mal. On constate
notamment dans les publics adolescents
au jeunes adultes, de savoir où se
positionner. On n plus forcément en plus
un groupe, un clan qui vont nous
soutenir. On pense juste à une
problématique moderne qui a beaucoup
touché là certains étudiants
lors de certains récents événements
politiques. Il y a des phénomènes
d'ostracisme, des phénomènes en fait
d'exclusion, d'exclusion idéologique. Il
touche des étudiants dans certaines
universités françaises pour des raisons
politiques. On voit ça beaucoup aussi
dans la vie politique américaine. Il y a
une forte polarisation. Il y a des
sentiments très forts d'excommunication,
d'exclusion. Et donc aujourd'hui à la
fois on est sur sollicité de
possibilités de contact dans des liens
moins approfondis et en plus de manière
fonctionnel isolé hein. On pense juste à
une chose. Enfin on on a on a une on a
une adresse. Nos parents souvent sont
loin. Notre fraterie peut-être assez
dispersée. Notre travail n'est pas à
porté immédiate de notre adresse. Les
amis de nos enfants sont loin leurs
activités aussi. Il y a un émettement
géographique, il y a un émettement des
sollicitations et en fait bah ça affecte
la capacité des personnes à
s'autoréguler. Et si on prend pas en
compte cela, euh bah on va être dans
l'idée de d'essayer de cadrer de manière
intraindividuelle, de faire des
régulations justes internes pour la
personne sur des problématiques où en
fait en fait l'être humain, je sais plus
qui c'est qui disait ça, je pense que il
y a l'homme, Herlineom le dit beaucoup,
l'être humain se régule dans la dans la
relation aussi sans l'idéaliser hein,
mais dans la relation. Je prends un
petit commentaire au passage, même si on
verra les questions après, mais je
trouve ça intéressant de rebondir
là-dessus. Euh Prisilla qui dit "I faut
pas non plus idéaliser le lien social
d'avant qui était excluant pour les
personnes qui ne correspondaient pas à
la norme dominante." Euh qu'est-ce que
tu en penses que j'ai l'impression qu' y
a il y a les deux mouvements parce que
dans ce que tu dis, on voit que dans le
dans les mouvements très marqués au
niveau communauté d'aujourd'hui, c'est
tout aussi excluant mais d'une autre
façon.
C'est comme si ces ces deux mondesl
avaient leur propre manière d'exclure
d'une certaine façon. Non.
Exactement. Donc je crois que la plus
grande angoisse de l'être humain, c'est
pas tant la mort que la peur d'être seul
ou d'être mis de côté.
Un des pir châtiments dans les sociétés
antiques, c'était l'ostracisme.
C'était considéré comme l'ostracisme,
donc l'exil, envoyer la personne loin ou
ce que les Romains appelaient la dano
mémoriail. On va effacer le nom, on va
effacer l'idée de l'existence de la
personne. Et les gens préféraient, ça
peut paraît étonnant, se suicider que de
vivre que de vivre cela.
assez connu que c'était le la pire
condamnation pour un pour un citoyen
notamment de d'être excommuné.
Ouais.
et et sur cette idée que les soci faut
pas idéaliser le lien, on est bien
d'accord euh parce que ça se fait des
sociétés très normées, très normative
alussi se rappeler d'une chose, des
sociétés très normées parce que il y a
aussi des conditions économiques qui
imposent une certaine discipline. Si on
pense à l'Asie de toute la zone, l'Asie
du Sud-Est, l'Asie des risicultures,
pour pour avoir il faut avoir des
populations qui terrassent, qui font tr
qu r écoles par an, qui doivent gérer le
niveau hydraulique de la résisière.
Enfin, ça a imposé par rapport aux
moyens techniques, ça a imposé un
contrôle social donc extrêmement enfin
qui pouvait broyer certains individus
hein, on peut on peut le dire sans
souci. Ça crée des solidarités, ça crée
des peurs de l'exclusion. Nous avons
encore cet héritage de la peur de
l'exclusion. Par contre, il est faux de
dire que les sociétés anciennes ont de
manière générale et uniforme exclu ceux
qui étaient différents. Les femmes d'un
avec une certaine personnalité, les
homosexuels ou les personnes
handicapées. En fait, il y a une très
grande variété des cas dans l'histoire.
On peut pas Il y a eu des sociétés qui
ont été très inclusives si on prend un
vocabulaire moderne, d'autres qui ont
plus segmenté.
Globalement,
l'être humain a eu tendance quand on le
laissait tranquille et au-delà de tout
de comment dire de toute contrainte trop
stricte, trop hiérarchique à laisser
vivre les gens, c'est tout le travail de
David Greber euh qui qui répondait à à
Riri à Noa Ari sur Sapien sur le fait
qu'en fait le le progrès des sociétés,
le développement politique des sociétés
a pas connu un chemin rectiline qui va
vers nos sociétés actuelles. Au
contraire, ça a été un un foisonnement
considérable. Puis il y a beaucoup de
mythes aussi sur nos sociétés
européennes. On a très peu brûlé en fait
au Moyen-Âge des sorcières. C'est à la
renaissance que ça a eu lieu. C'était
pas l'église, c'était plutôt
l'inquisition des laïques. Bref, ça
demande de regarder enfin vous passez
d'une génération à une autre et vous
verrez des choses très différentes. En
tout cas, ce qui est intéressant, c'est
que les premiers individualistes dans
nos sociétés
étaient à la fois des gens qui voulaient
exclure et des personnes qui voulaient
survivre à l'exclusion, notamment le
mouvement des dend au 19e siècle qui
ayant été mis de côté à un moment donné
pour différentes raisons se sont
affirmés, se sont imposés dans
l'affirmation. Voilà. Toi, tu as jusqu à
dire justement que l'individualisme
c'est pas un choix mais c'est le
résultat d'un long processus.
Alors, c'est pas moi qui le dit, hein.
C'est euh
c'est on a deux générations d'historiens
qui qui évoquent ça et qui évoque le le
fait que bah l'individualisme en fait
n'est pas un simple choix, c'est tout un
processus et c'est un c'est un long
processus historique mais qui a pris
vraiment toute son ampleur dans une
composante qui est la discipline. la
discipline du travail en usine notamment
la discipline du travail qui implique
les enfants, les femmes, qui commence à
réfléchir à l'exclusion de ceux qui
seraient un poids. Donc le problème de
l'individualisme, c'est qu'il a été
relié à des idées de productivisme, à
des idées d'efficience parce que on a eu
on a déjà eu des exemples dans des
sociétés anciennes de personnes qui se
mettaient à part. Vous avez le mouvement
des pour prendre un exemple peu connu
des cyniques à l'époque d'Athène, à
l'époque de Socrate et effectivement ils
se mettaient en marge mais en même
temps, ils avaient ils avaient leur
place. Euh vous avez enfin il y avait
différentes formes d'initiation. On
incitait les gens à aller chercher
l'isolement, la solitude, les seins du
désert, les pythagoriciens dans d'autres
traditions asiatiques. Mais l'émettement
des comment dire des liens familiaux
avec le l'exode rural, avec la perte des
liens avec la terre, la paroisse, avec
les les différents ascendants de de sa
famille, c'est fait à un moment aussi où
on incitait les gens à être très
productifs. Si tu m'en laisses
l'occasion, juste citer un un article
qui avait beaucoup d'effrayé la
chronique qui parlait mais on pourrait
l'appliquer aussi pour l'hypnose. C'est
un article de Percer je crois en 2013,
on trouve facilement sur internet qui
s'appelle Mac Mindfulness. Donc la
mindfulness, cette thérapie et puis MAC
en référence au fast food.
Justement, en fait, il explique que euh
au lieu de se demander pourquoi
quelqu'un va être stressé ou pourquoi
quelqu'un est est malade ou pourquoi
quelqu'un n'arrive pas à mieux gérer son
stress, plutôt que de regarder comment
la société crée ce genre ce genre
d'occasion de l'isolement, du manque de
soutien, la situation des personnes
âgées en ÉPAD qui n'ont quasiment pas de
visite et pas de stimulation, plutôt que
de se demander pourquoi
un contexte, un travail, une situation
donnée grand mal.
On a en gros incité les gens à chercher
en eux-mêmes des solutions qui avaient
été créées avec enfin des solutions à
des problèmes qui sont sociaux, qui sont
qui sont collectifs et ça crée beaucoup
de culpabilité. Et et aujourd'hui, je
crois qu'il y avait une remarque là dans
les commentaires qui était intéressante
sur l'idéalisation via les réseaux
sociaux du lien, les gens qui se mettent
en scène dans des fêtes avec des amis,
dans des collectifs. Effectivement, on
est dans une société très idéale qui a
tendance, ça c'est assez récent, à
idéaliser le lien. Moins il y en a plus
c'est McKen qui disait c'est ceux qui en
parlent le plus, qui en mangent le
moins. La même chose pour le lien. En
gros, ça invite quand même les
praticiens à prendre du recul sur nos
présupposés par exemple présupposés de
performance, présupposer que les
solutions sont à l'intérieur de de la
personne strictement. Il y a beaucoup de
régulations possibles en interne, mais
ça mérite de prendre un peu de champ.
Et pour continuer un petit peu sur cette
question de la de la solitude et ça, je
pense que c'est aussi des choses qu'on
qu'on voit beaucoup avec les personnes
qui viennent nous consulter mais qu'on a
qu'on a on n pas forcément ces mots-là
qu'on met dessus. ce qui il y a des
études qui semblent montrer qu'en fait
la solitude amène une réelle douleur,
une douleur qui est vraiment perçue
comme une douleur physique en fait.
Oui. Alors moi je suis moins spécialiste
de ça mais quand on fait un petit peu le
tour de la question euh il semblerait
que on mettra de toute façon les liens
dans les commentaires pour la vidéo pour
pour le replay. Mais en gros, il y a des
études qui montrent qu'il y a une
souffrance physique induite par le
manque de lien, le manque de contact.
C'est c'est une vraie souffrance réelle
semblerait pour le cerveau la solitude
chronique. On a quelques études qui
montrent ça. Il y a aussi une tendance,
ça tu dois connaître ça mieux que moi
Cyril, qui montre qu' a tendance à
comparer aujourd'hui les ruptures qui
sont de manière assez fréquente et
brutale à notre époque. Ces ruptures
sont souvent comparées dans à des effets
de trauma. Donc on est sur une espèce de
de continuum comme ça où ben euh enfin
je pense que globalement il y a il y a
quand même un consensus pour dire que
les à la fois on peut se sentir mal en
étant avec des personnes avec qui on se
sent obligé d'être en lien mais il
vraiment consensus pour dire que les
personnes vraiment isolées qui sont pas
soutenues par une mystique ou un point
de vue sur la vie ou je sais pas une
espèce de de désir de de bâtir quelque
chose une œuvre quelque chose comme ça
les personnes seules globalement vont
plus mal et ça mérite certaines
précautions dans un accompagnement.
et l'hypnose est née à une époque où les
liens sociaux étaient très forts. Et
et justement Cyril, du côté du côté du
psychotraum, toi c'est un sujet que tu
as beaucoup observé, est-ce que il y a
des il y a des choses qui vont montrer
que la manière dont les gens sont plus
ou moins en lien avec d'autres personnes
ou plus ou moins isolé va avoir une
incidence à la fois sur la manière de de
digérer un un trauma, peut-être aussi de
se le représenter ? Est-ce que tu as des
tu as un regard sur cette questionl ?
Ouais. Ouais.
Ouais, j'ai un regard surtout les les
données qu'on connaît sur le sujet sont
plus intéressantes que mon regard ou en
effet à situation traumatogène égale.
Donc c'està-dire quand quand il y a un
pépin de vie là, on parle pas d'un pépin
de vie qui soit lié à la perte de
quelqu'un et cetera. On parle même pas
de ça. Par exemple, un pépin type euh ma
voiture, elle a glissé sur l'autoroute,
j'ai fait plusieurs tonneaux, j'ai eu
peur de mourir et cetera. Donc là ça
implique pas de de perte d'autrui. Donc
bah on voit qu'à incident traumatogène.
Traumatogène ça veut dire ça pourrait se
convertir en traumatisme ou pas. Voilà,
ça a le potentiel de devenir un trauma,
un incident de même nature. S'il y a un
entourage euh s'il y a un entourage pour
la personne qui vit ça, ça se convertit
moins en traumatisme. Et s'il y a pas
d'entourage, ça se convertit plus en
traumatisme pour des raisons strictement
mécaniques, enfin pour des raisons qu'on
peut à minima expliquer de manière
mécanique qui est que bah un entourage,
il va dire bah comment tu te sens,
qu'est-ce qui s'est passé ? Et puis on a
un besoin d'expliquer quand on a vécu
des choses. Souvent bah si on fait trois
tournous avec la voiture et les images
qui reviennent, on est là à dire aux
gens là j'ai les images qui reviennent,
ça me fait bizarre et cetera. Et du coup
on renomme donc on réexpose. Et on
réexpose dans un contexte sécur parce
qu'au moment où on réexpose, bah
l'entourage il est il nous fait bien
ressentir qu'on est plus dans cette
voiture et que tout va bien en fait. Et
il dit bon bah je sais pas trop quoi
t'en dire mais je t'écoute. Et le fait
de réexposer dans un climat sécur bah
c'est déjà quelque chose qui qui
favorise une résilience.
posttraumatique.
Voilà. et et il y a plein de il y a
plein de mécanismes comme ça, je vais
pas en faire la liste, mais l'entourage
et le fait d'être en relation, d'être en
communication et et de se sentir soutenu
favorise en effet qu'un événement
traumatogène se convertisse pas en
expérience post-traumatique. Euh puis si
on veut prendre un deuxième exemple, ben
quand on a des quand on a des des choses
qui sont potentiellement traumatisantes,
il y a une perte euh par exemple une
rupture euh qu'on n'a pas du tout vu
venir. Je sais pas, je suis je suis en
lien avec mon conjoint depuis 10 ans, il
part du jour au lendemain. C'est ce
qu'on appelle trahison par une figure
d'attachement. Trahison par une figure
d'attachement, c'est dans la liste de ce
qui peut créer des troubles
post-traumatiques. Donc ça c'est un
c'est un cas de figure. Un autre cas de
figure, bah c'est simplement perdre
quelqu'un. Voilà, je je perds ma vieille
maman parce qu'elle était très âgée et
bah ça je l'ai vu venir. Il y a pas de
il y a pas de sentiment de de perte
subie ou de de de détachement subiis et
cetera. Mais toutefois, c'est un épisode
existentiel qui peut être très compliqué
à vivre euh
dans ces dans ces deux types de
situations, quand il y a un entourage
pour pouvoir euh euh bah se sentir en
sécurité, se sentir soutenu, se sentir
compris, il y a des gens qui vont dire
"Bah, je sais pas trop quoi t'en dire,
je vois bien que tu vas pas bien mais je
comprends que ce soit difficile." Déjà,
se sentir entendu et compris, déjà ça en
effet, on voit sur le terrain et on voit
dans la littérature sur le sujet que ça
favorise la résilience.
C'est c'est alors c'est vrai qu'on si on
commence làà on a fait un constat avec
il y a encore il y a encore pas mal de
choses à dire he notamment sur sur ce
qui se passe même à niveau neuro au
niveau de la la solitude puis qu'il y a
des gens qu' on travaillé là-dessus. On
mettra les références pour ceux que ça
pour ceux que ça intéresse et qui
veulent aller un peu plus loin. Mais
évidemment il y a cette idée que quand
on accompagne des personnes vers le
changement euh il y a quelque chose déjà
qui se passe dans le relationnel. ce que
tu commençais à dire là Cyril et il y a
notamment toute la ce qu'on appelle la
thérapie centrée sur la sur la personne
qui va prendre une place assez
importante. J'ai l'impression est-ce que
c'est est-ce que c'est aussi ce que vous
ressentez que parfois les gens viennent
en thérapie parce que en fait déjà les
sujets qui vont les amener là sont des
sujets avec lesquels ils peuvent pas
enfin ils peuvent pas discuter avec leur
entourage. Il y a pas de figure avec
lesquelles on peut discuter de ça. Il y
a pu avoir à des époques dans des
sociétés des figures qui avaient ce rôle
là. Aujourd'hui peut-être que justement
les accompagnants, les thérapeutes on
ont pris un peu le relais. on va dire
des prêtres des des époques précédentes
ou équivalents dans dans d'autres
cultures. Euh est-ce que il y a pas des
personnes qui viennent aussi juste
quelquefois pour avoir un être humain
qui les écoute et qui les réécoute
vraiment sans chercher ni à les juger,
ni à les interrompre, ni à les diriger,
mais juste comme une présence
accueillante quelque part.
Beaucoup de théoriciens de la de la des
méthodologies thérapeutiques ont soutenu
ce point-là. En tout cas,
pour ma part, je le dirais avec du
conditionnel. C'est si on prend une
caricature. Donc là, je je veux pas
offenser nos collègues de la
psychanalyse, je veux faire une
caricature. Si on prend une caricature
de d'un praticien qui se mettrait
derrière nous, donc on le voit même pas,
qui nous écoute parce que il nous laisse
parler, il intervient pas du tout pour
différentes raisons, hein, et peut-être
qu'elles sont tout à fait justifiées,
mais il intervient pas du tout et on se
retrouve à parler avec la sensation
qu'on parlerait presque dans le vide.
Donc là, on serait dans une dans une
pure pratique de parole activ.
Personnellement, je pense que dans une
telle caricature, parler, s'exprimer ne
suffit pas. Toutefois, on peut y mettre
un contre-point. Il y a des personnes,
par exemple, qui vont sur la tombe d'un
être cher décédé et puis ils disent des
choses qu'ils avaient à dire à cette
personne. Bah, il y a physiquement
personne pour entendre mais il
semblerait bien que ta parole active
fasse du bien. Donc, on peut déjà
tempérer ce propos là. Toutefois, parce
que la croyance peut-être que il y a
vraiment quand même quelqu'un qui écoute
à ce moment-là, non ? En tout cas, le
rituel amène à le penser
peut-être, mais de manière factuelle,
matérielle, à cet endroit-là. On n'est
pas dans une on n'est pas dans un jeu
d'interlocution. On est bien dans un jeu
de strict parole, de non pas se sentir
entendu, mais déjà de parler. Et on voit
bien que l'expression pure fait quelque
chose. Maintenant, tout ça, moi j'aurais
tendance à le tempérer en disant se
sentir écouté mais avec quelqu'un qui a
une qualité d'écoute particulière. Euh
et qu'est-ce qui qualifie cette écoute ?
Et là on revient à ce que tu disais
pratique centrée sur la personne type
courant rogérien. On voit bien que Carl
Rogers et Milton Ericson, mais il y a
des il y a des proximités quand même
dans dire de mot justement parce que
c'est vrai que c'est deux figures qu'on
associe assez rarement dans le dialogue.
Mais pour ceux qui connaissent bien
l'hypnose, bon je pense que tout le
monde voit un peu qui est la figure de
Carl Rogers, mais tu tu peux dire
quelques quelques mots sur le lien entre
ces deux figures, en tout cas dans leur
méthodologie.
Euh ouais ouais bien sûr. Je suis buggé
parce que je j'avais encore en tête le
truc d'avant mais euh
je vais faire ça.
Vas-y.
Quand on dit qualité d'écoute, on est
dans quelque chose de concret. Chez Carl
Rogers par exemple. Car Rogers il a
montré qu'il y avait besoin d'une écoute
présente, ça veut dire attentive.
Chaleureuse. Ça veut dire
tu es peut-être pas comme moi, mais je
t'aime bien par défaut. Voilà, il y a un
je t'aime bien fondamental. Euh voilà,
il y a quelqu'un un joueur qui avait
fait le lien avec quand on voit un petit
chat dans la rue, on fait "Oh, il est
mignon, je l'aime bien par défaut." Tu
vois, donc une écoute chaleureuse, une
écoute avec un "Je t'aime bien par
défaut, mais aussi une écoute
empathique." Et là, c'est pas juste
d'être présent, c'est-à-dire attentif et
chaleureux, "je t'aime bien." C'est une
vraie technique, hein. C'est avoir une
capacité à plonger dans le monde de
l'autre, à se dire tiens, moi s'il
m'arrive ça, ça me fait quoi ? Et
ressentir ce que ça nous ferait si on y
était. Donc là, l'empathie quand on la
reçoit de quelqu'un qui la déploie, ben
on voit bien qu'il y a une qualité
particulière d'écoute. Maintenant,
Milton Erikson, il est pas trop dans ces
jeux-là, il est pas trop dans des
logiques
empathiques,
nécessairement chaleureuses et cetera.
Des fois, il semble l'être, des fois, il
semble être plus froid et distant, mais
peut-être que ça peut être lié à des
styles d'attachement qui ont besoin des
fois de plus de chaleur, de plus de
distance. On pourrait tout à fait le
rationaliser comme ça. Rogers, il est
pas trop dans le prisme de
l'attachement, donc ça peut venir de là.
Donc il y a quand même des choses qui
les distinguent tous les deux, mais
toutefois il y a aussi des choses qui
les rassemblent, c'est qu'il mettent la
personne au centre et toute l'histoire
de la personne et non pas euh sa sa
symptomatique avec des recherches de
causes euh c'est strictement médicale.
Rappelons que Milton Erikson, c'est
quand même à la base un médecin. Euh
donc cette approche avec bah la personne
est au centre mais la personne comme un
système, un système interne avec des
départs internes et puis un système bah
c'est-à-dire que c'est une personne mais
elle a des entourages et ses entourages
ils influent sur elle. Donc ça c'est un
de leur point commun. Et puis ils ont
tous les deux la logique collaborative.
Euh ils ont tous les deux, je vais le
dire avec mes mots à moi, ils ont tous
les deux l'idée que moi praticien et toi
client, en fait, on est une équipe et
ensemble, on va travailler ensemble pour
ta résilience à toi client et euh et on
va se répartir des rôles et des fois les
rôles, on les interv ils seront un petit
peu intervertis mais voilà, on est un
binôme thérapeutique, une équipe
d'accompagnement, on bosse tous les deux
à ton profit. Ça c'est vraiment quelque
chose qui les rassemble et qui est
différent d'autres propositions de la
thérapie.
Al
c'est il y a plein de choses sur
lesquelles j'ai envie de rebondir hein.
Puis il y a des commentaires qui sont
super intéressants. Merci beaucoup pour
tous vos commentaires. Euh on va on va
reprendre après surtout ceux qui sont
sous forme de questions. Je je prends
juste celui-là au passage de
psychosensitif qui dit le clan entre
fois crée la vie et la survie et les
traumatismes étaient enfouies. De nos
jours, les personnes seules ou
accompagné peuvent être écouté dans
grand nombre de structures. Qu'est-ce
que tu en penses ? Est-ce que c'est
est-ce que c'est aussi clivé que ça ? Et
bien non.
Euh pas du tout. On a même
je vais vous décrire en quelques mots la
première psychothérapie des dépressions.
C'est rapporté par Hérodote. On est 5
siècles avant Jésus-Christ. C'est
absolument étonnant. Euh alors on
employeit pas le mot dépression, être
sur des choses comme plutôt nostalgie,
des choses comme ça. Et en gros quand
quelqu'un c'est rapporté en Babylonie,
donc dans l'actuel Irak, dans tout le
pourtetour méditerranéen chez les
Phéniciens jusqu'en Égypte et chez les
Grecs, quand quelqu'un était se sentait
mal présenter ce que nous on appellerait
déprime ou dépression, sa famille le
mettait sur un sur un brancard,
l'emmenait au marché dans les villes,
dans les villages, le poser à un endroit
où il était à l'abri du du soleil et en
fait toute la journée, tout le monde
venait lui parler.
Qu'est-ce qui t'arrive ? Qu'est-ce qui
se passe pour toi ? tout le monde
s'interrogeit. Beaucoup venaient aussi
partager leur leurs propres expériences.
En fait, c'est arrivé assez fréquemment.
On est sur des sociétés où il y a la
moitié des enfants qui disparaissent
avant l'âge d'un an, beaucoup de femmes
qui meurent en qui meurent en couche.
Enfin euh on est quand même sur il y a
beaucoup de mouvements de population
avec des violences, des invasions, des
pillages, des épidémies, des infections
terribles. Enfin le quand l'être humain
s'est mis s'est sédentarisé, il y a eu
une montée terrible de de la mortalité.
Euh mais il y avait justement quand même
des structures, il y avait du lien, il y
avait aussi des comment dire, il y avait
le rôle le rôle des prêtres hein. C'est
très documenté par exemple sur toute
l'Europe de l'Ouest. Le bac larger, les
prêtres qui étaient vraiment dans leur
paroisse au plus près de de leur de
leurs ouailles étaient euh enfin ils
étaient eux-mêmes issus du peuple. C'est
un peu nos ancêtres dans le lien
thérapeutique.
On avait ce concept qu'on appelait les
secrets pathogènes, c'est-à-dire les
choses qui créaient de la honte ou alors
les images traumatiques qu'on a qu'on a
engramé. Ben, j'ai vu mon père qui est
tombé de cheval et voilà, une image
horrible, choses comme ça. Et en fait,
il y avait des techniques pour en
parler.
Jésu les ont même systématisé. Donc il
il y avait déjà des choses, c'était pas
aussi systématique que nous, mais il y
avait enfin l'être humain a toujours été
l'être humain, a toujours eu besoin de
parler, a toujours eu besoin
d'accompagner.
J'ai j'ai une question par rapport à ça
pour étendre un tout petit peu le sujet
Yan mais est-ce que tu as pas
l'impression puis j'ai l'impression de
voir ça dans dans certains commentaires
qu'on pu passer et et souvent même dans
dans ce qu'on perçoit dans notre société
d'aujourd'hui une manière de penser
l'histoire comme étant quelque chose de
très linéaire comme s'il y avait
simplement une un progrès linéaire du du
plus loin dans le temps qui était
complètement horrible et puis de de
mieux en mieux maintenant. Euh qu'en
fait quand on regarde les choses un peu
plus près, il y a il y a des périodes
avec des moments où c'est plus simple,
des moments où c'est plus compliqué
évidemment des des cultures qui étaient
parfois très avancées sur des question
que nous on appelle psychothérapie
aujourd'hui et puis d'autres qui les ont
complètement perdu. Est-ce que tu as pas
l'impression que c'est on a tendance à
avoir une image un petit peu comme ça
idéalisée presque de notre présent comme
si on avait trouvé enfin les bonnes
valeurs et cetera. Euh je sais pas ce
que tu en penses.
Ouais, je pense que on peut faire le
lien entre le présupposé des historiens
euh qui cherchent l'objectivité et euh
la posture eriksonienne de tri sur soi
et de position basse. Aucune culture sur
terre n'a fait mieux que les autres.
Voilà. Aucune culture sur terre n' a
fait mieux ou a ou a cumulé les horreurs
et et les maléfices. Les sociétés euh
qui ont il y a des sociétés qui sont
parties sur certains travers et qui se
sont auto-éliminés en fait. Donc
si on arrivait à porter un regard qui ne
soit pas anachronique, c'est-à-dire que
déjà on a on a une vision d'un passé
assez global avec des caricatures, les
hommes ceci, les femmes cela, le
pouvoir, l'argent, l'amour. H
man des catégories mentales comme par
exemple notre manière de voir le couple
qui n'existait pas forcément tout le
temps et qui n'avait et qui n'aurait
peut-être pas pu exister par rapport aux
conditions aux conditions techniques.
Qu'on pense juste à une chose, ce n'est
pas de la cruauté que euh dans certaines
zones notamment la Bourgogne le 13e
siècle, on ne nommait pas les enfants
avant l'âge des 1 ans, on pourrait se
dire et puis on leur donnait un peu
moins de soin. En fait, c'est interprété
par les historiens comme une défense
psychologique. La moitié des enfants
vont mourir avant un an. Si on crée
d'attachement, on affaiblit la capacité
à se mettre en lien avec les enfants qui
vont venir. Parce qu'aujourd'hui, c'est
c'est pas mal souligné par les par les
sociologues, on est à la fois il y a une
aspiration au lien et un certain type de
lien, mais il y a aussi une très grande
peur, beaucoup de prévenance par rapport
à de pouvoir se mettre en relation. On a
peur, on a des blocages, on entend ça
beaucoup dans nos dans nos cabinets.
J'ai envie de me mettre en relation,
j'ai envie de sympathiser avec avec mes
collègues, je vais démarrer la la fac,
je vais rencontrer du monde. On a à la
fois envie d'aller vers le lien et on a
très peur. Bon, ça c'est quelque chose
qui est pas mal induite par cette
attitude qu'on retrouve dans l'idée de
d'avoir des a priori, d'avoir des des
jugements sur les autres, sur le passé,
sur tel ou tel groupe social. Donc les
historiens, j'ai envie de dire, ils sont
ericsonnières là-dessus. On ne juge pas,
ça s'appelle de l'anachronice parce
qu'on était pas à leur place, parce que
ça sert à rien de juger et que nos
normes actuelles, elles sont déjà en
train de de bouger, elles sont déjà en
train de de disparaître. Dans 30 ans, on
se moquera de certains points de vue, de
certains présupposés qui nous semblent
évident
et qui nous semble moderne.
Bref, le progrès
n'est pas uniforme, ni continu, ni
homogène. Voilà.
Euh je prends quelques quelques
commentaires. Que des personnes dans
l'entourage et majoritairement jugeant,
culpabilisant peut à l'écoute parce
qu'évidemment ce qui va créer
quelquefois justement l'isolement c'est
d'avoir un entourage qui va être qui va
être nocif et et complexe. Et on voit
des personnes justement qui qui sont
même en recherche d'isolement notamment
dans les cas de rupture et cetera parce
que justement c'est quelque chose qui
leur pèse ou qui a été très contraignant
et très limitant. Euh c'est quoi votre
expérience vous d'accompagnant quand des
personnes viennent dans ce genre de cas
?
Bah c'est compliqué.
Pas une question simple.
Il y aurait tellement long à en dire. Je
moi je sais je là je sais pas par où
commencer la réponse.
Par exemple quand c'est dans l'enfance
quand quand il y a un défaut de
d'affection, de soutenance, de
protection, de sécurisation de la part
de la cellule d'éducation. cellule
d'éducation, ça peut être les parents,
les grands frères et sœurs et cetera,
mais ça peut être aussi bah les
éducateurs qui ont la charge d'un enfant
pendant un an à l'éducation nationale,
le grand mentor de sport qui nous a fait
évoluer de de débutants à presque
champion. Bon voilà, les cellules
d'éducation, histoire qu'on résume pas à
papa et maman, sinon c'est trop facile.
Ben voilà, bah quand c'est quand quand
la relation qui est censée être
élevante, protégeante, nourrissante et
cetera est toxique. Toxique au sens où à
la fois ça nous élève et nous protège et
à la fois ça nous fait du mal et il y a
plein de trucs qui vont pas. C'est ça le
toxique.
Bah quand il y a ça, c'est complètement
déstructurant pour la construction de de
l'identité notamment pour la
construction du rapport à autrui, pour
la construction de l'attachement où la
notion d'aller pouvoir se réguler auprès
d'autrui va être entaché de mais en fait
quand on se régule auprès d'autrui en
même temps ça nous fait du mal mais tout
seul on disrégule. Enfin bref, moi je
vais le dire en des termes très simples
en fait, quand l'entourage il est
majoritairement comme ça, ça fout une
merde noir et en thérapie et ben on en a
pour on en a pour des mois et des années
à aller travailler sur tout ce que ça
abîme. Donc euh c'est c'est grave en
fait quand il se passe ça. Si
l'entourage est majoritairement comme
ça, maintenant pour les adultes qui
diraient "Je suis majoritairement
entouré de ça," il y aurait un axe de
travail énorme sur quelle est ta
responsabilité à entretenir des
entourages dont tu souffres et à ne pas
encore pour l'instant trouver de moyens
d'aller chercher des entourages qui sont
plus soutenants, plus sécurisants, plus
rassurants, plus englobants, plus doux,
plus tolérant de ce que tu as et cetera
et cetera. Donc voilà, il y a il y
aurait là il y aurait plein d'axes de
réflexion à regarder. Moi pour ma part
en tant que professionnel, en tant que
praticiense, je suis spécialisé dans les
problématiques relationnelles. Donc ça
moi c'est mon cœur de c'est mon cœur de
métier. Et malheureusement, comme je le
disais au début, bah ça ça ne se passe
que mal quand il y a ça.
Il y a il y a évidemment des paramètres
qui sont liés à ça, je pense à l'estime
de soi. parce que souvent les gens
restent dans des relations parfois
complexes parce qu'ils s'estiment pas
assez quelque part pour se dire qu'il
méritent mieux ou qu'ils peuvent même
avoir la chance de rencontrer des
personnes avec qui il aura un lien qui
sera qui sera plus simple et plus il il
y a toujours ce côté à quel moment on
travaille sur l'individu, à quel moment
on travaille sur son lien et ça m'amène
aussi à une question puis après on va on
va reprendre une aussi du du chat là qui
qui va aussi un peu dans cette même
direction. J'ai j'ai l'impression que
quand on regarde justement cette société
où les gens s'isolent de plus en plus,
il y a de plus en plus de solitude, on
pourrait dire c'est quand même étrange
parce que l'éducation, elle s'est quand
même un peu adoucie. C'est-à-dire que
quand même, j'ai l'impression que en en
20 30 ans, les enfants sont élevés avec
un peu plus, on va dire, d'éducation
positive, mais il y a plus de gens qui
sont ouverts à ça. Il y a peut-être des
profs qui font un peu plus attention, je
pense, que qu'avant. Moi, j'étais encore
dans dans une classe quand j'étais tout
petit où on pouvait frapper des élèves.
Euh j'ai l'impression que c'est quand
même plus des choses qui se font euh ou
en tout cas beaucoup moins dans nos
sociétés. On a l'impression qu'il y a
des choses qui sont améliorées. On
pourrait se dire mais parce que tout ça
s'est amélioré, parce que les parents
ont peut-être un peu plus conscience de
certaines choses, les enfants doivent
prendre un peu plus confiance dans leur
capacité à les créer des liens. Et
pourtant, ça donne l'impression qu'il y
a un mécanisme inverse. Comment vous
vous regardez ça vous ?
Pour ma part, j'aurais tendance alors je
vais
dire un propos qui n'engage que ma
personne. Je tiens à le préciser avant,
comme ça là, j'ai l'attention de tout le
monde, c'est bien. Euh pour ma part, je
me méfie beaucoup quand une idéologie
euh se définit comme positive, comme
bienveillante, comme supérieure, euh
comme euh éclairée et cetera parce que
c'est toujours depuis un prisme
particulier, positif depuis une
perspective et ça a peut-être des
corellas négatifs sur une autre
perspective. Euh du coup voilà, moi j'ai
tendance à me méfier des choses qui sont
des éducations positives, des des
communications qui sont que pas
violentes,
et cetera et cetera. Euh pourquoi ?
Parce que je pense que tout ça est très
multidimensionnel. Euh aujourd'hui, on a
sans doute dans notre dans dans notre
civilisation
une tendance à une éducation des petits
qui est moins violente, moins coercitive
qu'avant. Mais en revanche, elle reste
basée dans ce qu'on a dit au début. Euh
cette idée d'éducation positive, elle
vient d'Amérique du Nord dans une dans
dans une dynamique performative. Euh et
quand on regarde les bouquins des
neuroscientifiques euh qui disent voilà
euh éducation positive et cetera euh qui
qui est qui est très intéressant, je
pense qu'il y a des choses à prendre, il
y a des choses à laisser mais bien sûr
il y a des choses à prendre. Ben on voit
bien qu'en fait il y a une idéologie de
et ça va leur permettre d'être
performant et ça va leur permettre de
bien pouvoir travailler avec les autres
et cetera. Donc en fait, on est dans une
dans une idé dans un socle idéologique
de productivisme.
Je ne suis pas convaincu que les
mammifères euh primate surcortiqué que
nous sommes a été programmé
génétiquement à la base pour être
productiviste dans une idéologie du
progrès euh qui au passage fout détruit
notre écosystème et cetera. Je suis pas
sûr que le claim de départ au niveau
biologique euh c'était ça. Et donc moi
ça me questionne. Voilà, ça je dis pas
c'est bien, c'est pas bien, je suis pas
en train de dire faut rejeter ça, loin
de moi cette idée-là. Mais je pense que
comme c'est multiparamétrique, bah il y
a des choses à en prendre, il y a des
choses à en laisser. Et euh bah c'est un
peu ce qu'on dit depuis le début, hein,
là cette idéologie générale
individualiste, productiviste,
le bien-être pour soi avant tout et
cetera. D'un point de vue, il y a un
progrès sanitaire et social et puis de
plein d'autres points de vue, bah il y a
des écueils, il y a des limites, ça pose
des problèmes sur d'autres dimensions.
Et je pense que c'est un je pense que
c'est une question très complexe.
Ça fait très plaisir que tu dises ça. Il
y a plein de choses. On pourrait faire
un live sur cette question là. Avec
plaisir.
Je prends un commentaire qui qui est
intéressant parce que c'est ça pose
vraiment question et et parce que j'ai
l'impression que c'est ce que de plus en
plus de personnes pensent. Est-ce que et
ce qu'on voit surtout beaucoup dans les
médias qui c'est Lior qui dit "Lorsqu'on
est bien avec soi-même, lorsqu'on a de
l'amour pour soi, la solitude n'est pas
un problème, elle est même recherchée."
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je serais plus mesuré pour ma part. Euh
j'ai l'impression, je je le dis d'un
point de vue empirique euh depuis ma
pratique, j'ai l'impression que les
personnes qui parce que l'isolement, la
solitude, c'est pas le même mot, on peut
les percevoir de de plein de manières,
mais j'ai tendance à à me dire que les
personnes qui ont tendance à chérir la
solitude, à la rechercher, sont des
personnes qui sont souvent trop
sollicitées, sursollicité en terme de
d'échange, d'interaction.
Euh ça va beaucoup plus vite hein les
interactions qu'on peut avoir euh ça
tout le paradoxe du monde moderne on
peut avoir beaucoup beaucoup
d'interactions virtuel notamment
beaucoup de sollicitation le travail qui
s'arrête jamais hein à la tombée de la
nuit on s'arrêtait de travailler hein
dans jusqu'à la révolution française
globalement jusqu'à ce qu'il y a
l'éclairage public il il y a ces petits
parl
et souvent j'ai l'impression que les
personnes qui le qui le disent sont
plutôt bien entourées
à la base et il va y avoir cette
recherche de solitude et
euh quand on voit en fait les premiers
mouvements qui parlaient de de solitude
euh ou des montagnes qui partent
s'isoler dans leur mesure, souvent ils
le font en fin de vie faire le un espèce
de de bilan d'expérience ou alors c'est
des mystiques qui ont l'impression
d'être connectés à autre chose, relié à
autre chose historiquement. Euh le sage
qui part dans le désert, Saint-Antoine
qui part dans le désert euh d'Égypte, il
est pas tout seul en fait entre
guillemets, dirait un un psychiatre dans
sa tête ou un mystique dirait qu'il est
habité par une présence. Donc en fait
euh il n'est pas seul. Les personnes qui
s'isolaient autrefois dans certaines
cellules de monastère, chose comme ça,
certains sages, des sadou en Inde pareil
en fait n'ont pas la sensation d'être
seul. Ils ont le ils ont juste décalé
leur sentiment de reliance,
d'appartenance à un autre système que
celui de nos interactions quotidienne.
Donc d'un point de vue empirique et sans
trop mouiller plus que ça, je serais
plus nuancé sur sur cette idée qui
mérite d'être creusé.
Ouais. parce que il y a même cette
sensation parfois presque à l'inverse
que quand une personne commence à être
vraiment bien avec elle-même, elle est
plus capable d'aller vers le lien avec
les autres justement euh parce que il y
a moins la peur de l'autre, parce queil
y a moins la tendance à créer des
barrières ou à ou avoir peur du
jugement. Quelqu'un qui est très à
l'aise avec lui-même va plus facilement
affronter ses potentielles difficultés
et donc ouvrir ouvrir le lien. Donc on
pourrait aussi avoir la lecture inverse
je trouve de de ça.
Oui. Voilà. C'est c'est ça demandera un
peu de développement. Faut faut pas
confondre sentiment de solitude et
expérience de solitude réelle. Euh il y
a des gens qui se sentent très seuls au
milieu d'une famille de six personnes.
Euh et puis il faut voir aussi du côté
de l'attachement. Euh quelqu'un qui a un
attachement évident, il va déclarer
"Mais moi, je me sens super bien quand
je suis tout seul et puis surtout quand
ça va pas. Le Graal en fait c'est d'être
tranquille pour me réguler quoi." Bah
c'est vrai, s'il le dit, c'est qu'il le
vit. Mais d'un autre point de vue, bah
ça a des conséquences psychosociales
très compliquées en terme de capacité à
travailler en équipe, euh en terme de
capacité à créer du couple et cetera et
cetera. Donc je je pense euh je pense
voilà c'est c'est une remarque
intéressante parce que bien sûr euh moi
je rejoins ce que tu disais Kevin, les
personnes qui travaillent beaucoup sur
leur estime d'elles-même, sur leur
résistance aux évaluations négatives
d'autrui parce qu'il y aura toujours
quelqu'un pour vous dire qu'il aime pas
ce que vous êtes. Ça a rien à voir avec
vous, ça a à voir avec ce qu'il aime
dans le monde. Donc résistance au aux
évaluations négatives d'autres et
cetera. quand on travaille tout ça, en
général, il y a des sentiments d'estime
de soi, de légitimité et cetera euh qui
font qu'on on se sent beaucoup plus
tranquille dans le fait de discuter euh
avec
justement, tu vois, je j'ai l'impression
parfois que c'est on est sur une sur une
corde un peu sensible là-dessus, mais
sur le fait que euh
il y a un monde entre le fait d'être en
face de quelqu'un qui va voir vraiment
quelque chose de très jugeant, de très
stigmatisant et cetera et juste être en
face de quelqu'un qui est pas tout à
fait d'accord avec nous, qui a un avis
plus nuancé, différent et cetera. et et
j'ai l'impression que il y a aujourd'hui
une fuite de tout ce qui pourrait ne
serait-ce que légèrement écorner un
regard tout ce qui pourrait euh être pas
tout à fait en accord. Euh pour moi, j'y
vois même un paradoxe parce que certains
disaient "Oui, mais la la société
d'avant, elle était elle laissait
peut-être moins de liberté d'être ce
qu'on était. Il y avait peut-être plus
de de jugement parce que justement des
groupes d'individus qui se
connaissaient. Mais il me semble que la
société d'aujourd' aussi normative et
qu'on a pas forcément gagné dans cette
directionlà.
une normalisation de la pensée par
exemple qui euh bon on a l'impression
quand on discute avec des personnes qui
sont un peu plus un peu plus âgées
qu'elles sont effarées par cette
normalisation les dialogues qui étaient
possibles avant les échanges les débats
qui étaient possibles avant sont de
moins en moins présents aussi. Est-ce
que c'est pas il y a pas ces deux
facettes là aussi ?
Ouais. Si si en fait il y a un vrai
défaut généralisé dans notre culture de
définition de soi, donc de rapport à
soi-même, de rapport aux normes externe,
comment on y adhère, comment on y
résiste. Il y a on voit comme tu le
disais, on voit des défauts de tolérance
de plus en plus massifs quoi. Un peu
comme si les uns les autres avaient
envie de discuter uniquement avec les
gens qui sont d'accord sur eux. Le
problème, c'est que bah pour trouver
quelqu'un qui est d'accord avec toi sur
tout, ça va être compliqué. D'où d'où du
coup du retrait, du repli. Oui, je pense
qu' il y a ces deux facettes en même
temps.
Et une multiplication des phénomènes
d'exclusion et des phénomènes aussi
d'anticipation de cette exclusion,
d'autocensure.
On on est une société qui sécrète aussi
beaucoup de rejets parce qu'on est une
société qui se qui se polarise et qui a
de moins en moins peut-être parce qu'on
a moins l'habitude d'un d'un contact
avec des personnes qui nous rassurent,
qui
sont entre guillemets notre tribu, notre
clan, on a un peu plus de mal à se
confronter. Ça donne des problématiques
en cabinet des fois compliqué à à
accompagner quand ça touche au sentiment
d'appartenance. quand il y a beaucoup de
personnes dans des problématiques, dans
des sentiments de mal-être qui euh soit
au sein de leur famille, soit au sein de
leur entreprise, soit au sein de leur de
leur groupe d'amis ou dans leur couple
qui euh à la fois se sentent obligé de
jouer des rôles. Ça c'est c'est vieux,
c'est ancien comme idée. Euh mais qui
ont tellement peur de la perte de lien
parce que les liens aujourd'hui se
rompent assez facilement euh qu'ils vont
qu'on va devoir prendre beaucoup de
précautions en tant qu'accompagnant pour
à la fois travailler déséquilibre
internes à la personne et non plus ne
pas aller trop rapidement sur le côté
faire prendre confiance comme un
recadrage. montrer à la personne qu'elle
est dans une relation à qui pourrait
être je sais pas résumé par un Kartman.
Moi j'ai eu beaucoup de personnes qui
venaient me voir après avoir vu d'autres
accompagnants à qui on avait expliqué
c'était très juste hein le constat que
en fait elles étaient dans des relations
de dépendance affectives qui avaient des
rôles qui se jouaient qui étaient à leur
détriment. C'était complètement vrai
mais en fait c'était c'était une
éruption trop massive, on va dire trop
soudaine d'un coup qui qui ne prenait
pas en compte un sentiment d'insécurité
et de manque d'appui. Et pour reprendre
ta métaphore Cyril, mammifère cortiqué.
Euh ce mammifère cortiqué c'est ça a
toujours été un être social. On n'est
pas on n'est pas des euh on n'est pas
des guépards solitaires.
On est des primates et regardz les
primates. Moi je demande avoir un
primate qui vit tout seul tout le temps
et sans contact quotidien. Et si on
regarde juste sur l'ADN les bonob et les
autres sous-types de chimpanzés puis les
gories même les dauphins. Enfin si on
prend les animaux qui sont les plus
proches de nous génétiquement.
Bon, en fait, ça se papouille, ça
s'affronte et ça se réconcilie, ça fait
du clan, ça fait du lien et ça a très
peur de l'exclusion.
Il y a il y a plein de sujets encore à
voir. Il nous reste plus que quelques
minutes. Je voulais aller vers un sujet
qu'on a un tout petit peu ouvert tout à
l'heure et tu as commencé à en parler,
Cyril, c'est la question de des liens
d'attachement, des liens sécurs qu'on
peut aussi avoir dans la vie. Entre
parenthèses, bah toi, tuas tu as
participé à la création là d'une
formation qu'on donne depuis quelques
temps à l'arge justement sur les liens
d'attachement. euh les quatre grands
types d'attachement. Et pour ceux que ça
intéresse, on a fait un live sur ce
sujet il y a quelques temps que vous
pouvez retrouver dans la partie live de
notre chaîne YouTube. Euh on en parlait,
on a fait même deux lives sur le sujet,
un tous les deux et un aussi avec
Pauline Vialet qui est euh bah
formatrice justement sur ces
questions-là à l'arche. Et euh je
voulais qu'on parle un petit peu de ce
sujet-là parce qu'il est il est
passionnant aussi dans cette questionlà.
Est-ce que euh quand on a justement dans
notre dans notre dans les premières
grandes étapes de vie des liens qui vont
assez être assez euh sécurisant, est-ce
que ça préfigure quelque chose dans
notre manière ensuite de créer des liens
avec d'autres personnes ?
Oui, à fond. Euh la construction euh la
construction du
monde. [rires]
Voilà, la réponse était oui. La
construction dans dans l'enfance du
rapport au monde, c'est-à-dire le le
rapport à l'environnement. Et puis un
peu plus tard euh quand le cerveau est
un peu plus développé et peut faire plus
d'abstraction, la construction du
rapport à autrui qu'on pourrait dire
autrui il est dans le monde mais bon
voilà euh pour dire la la construction
du rapport à l'ambiance générale qui est
en face de nous et puis aux personnes
qui sont en face de nous. Ça euh c'est
un prédicteur massif de la façon dont on
va être en lien dans le futur avec soi,
avec les autres, mais aussi à la façon
dont on vit le fait d'être de d'aller
vers les autres, donc d'être tout seul
et de retrouver quelqu'un. la façon dont
on va se séparer d'un clan, je sais pas
par exemple par exemple si on veut
changer de club de sport ou quelque
chose comme ça euh ouais c'est c'est un
prédicteur massif et un des des grandes
approches en thérapie quand il y a des
perturbations du lien au présent bah
c'est d'aller retravailler ces fameux
stades de développement de la
construction au monde externe euh pour
qu'on puisse au présent être plus
fonctionnel des approches très
dissociatives. tu parlais de la
formation en sur l'attachement mais dans
dans ce qu'on a construit à l'arche sur
le cycle 2, ce qu'on est en train de
dire là est une des approche fondatrice
de
Ouais, c'est c'est vraiment cette idée
de reconstruction de certains stades de
développement de l'identité. Ça demande
de les connaître évidemment ces stadesl,
ça demande de comprendre quels sont les
enjeux qui sont dedans.
Alors, j'ai une question un peu un peu
piège par rapport à ça. Euh comment
comment la formuler ?
quand une personne aujourd'hui va
revendiquer par exemple un très grand
besoin de solitude, alors je parle pas
de quelqu'un qui dit "Je suis heureux
comme ça, mais de quelqu'un qui va" et
c'est ce qu'on dit un petit peu au
début, peut-être avoir des symptômes de
cette solitude là, mais ne pas forcément
avoir conscience que ce sont des
symptômes de cette solitude. Comment tu
te positionnes en tant qu'accompagnant ?
Quand tu sais que ça pourrait être aussi
justement bah ce qu'on appelle un lien
évident
et que la personne n'a pas forcément
conscience. Déjà, est-ce que tu repères
ce genre de cas quelque fois ? Et à ce
moment-là, comment tu te situes ?
Si tu me demandes à moi, j'ai j'ai pas
de réponse toute faite parce que ça
dépend de la personne. À discours égal,
les gens ne sont pas égaux dans ce
qu'ils vivent à l'intérieur. Donc moi,
pour ma part, je me situerais déjà en
Eriksonien, c'est-à-dire en curieux. Euh
voilà, un peu comme dirait notre
collègue Bruno Suras de dire "Ah, tu
fonctionnes et tu dysfonctionnes comme
ça." Bah, raconte-le-moi un peu plus.
explique-moi en fait comment ça comment
ça marche à l'intérieur de toi, même si
les trucs dont tu as l'impression que ça
marche pas déjà de comprendre un peu ce
qui se passe enfin d'écouter d'être à
l'écoute de ce qui se passe pour pouvoir
en effet prendre les informations que me
dit la personne et de pouvoir me dire
tiens du point de vue de différentes
grilles de lecture qu'est-ce que je
pourrais en penser ? Par exemple, du
point de vue de l'attachement, c'est une
grille de lecture intéressante mais il y
en a d'autres. euh par exemple du point
de vue de se sentir évalué négativement
par autrui et vouloir s'en prémunir
quelque chose que vous avez nommé tout à
l'heure. Donc moi, j'aurais tendance à
prendre de l'information pour euh pour
essayer de me dire quelle grille de
lecture au pluriel pourrait me permettre
de comprendre ce qui se passe pour cette
personne. Le but ici, c'est pas de
l'analyser, de faire une disserte et de
lui dire voilà votre votre tableau puis
je suis pas habit je suis pas habilité à
faire des diagnostics en plus. Mais
l'idée ce serait plutôt au contraire de
se dire si ça fonctionnait et
disfonctionnait comme ça depuis telle
telle telle grille de lecture, ces
grilles de lecture m'invite à aller
utiliser quel type d'outil dans ce que
je sais faire en tant que praticien en
hypnose pour aider le client à aller
dans la direction où il souhaite aller à
la base mais aussi dans la direction que
à deux on décide de se donner pour son
accompagnement. Voilà, moi ce serait un
peu ça mon plan stratégique. Ce serait
ça.
J'ai une alors peut-être une dernière
question parce qu'on arrive à la fin de
cette heure là. C'est plus plus une
question pour toi pour Yann mais
peut-être peut-être à tous les deux
aussi. Toi tu as un regard aussi que que
je trouve toujours très pertinent sur
toutes les sur toutes les modes actuels,
notamment ce qu'on appelait le
développement personnel. Euh et on avait
une discussion une fois où euh il me
semble que tu avais ce regardlà, je je
voudrais pas trahir tes propos, mais où
tu disais finalement il y a euh pas mal
de problèmes que le développement
personnel vient presque renforcer en
croyant les combattre.
Et sur cette question justement du très
fort individualisme euh on peut avoir
l'impression que quelquefois quand une
personne a des difficultés avec le lien,
elle se dit que la ressource ultime
c'est elle-même comme si elle ne devait
dépendre que d'elle. ce qu'on va
retrouver aussi chez les personnes qui
ont des profils de liens évitants, il me
semble et et que du coup ces personnesl
vont être très attirés par des choses
qui leur vendent de plus en plus
justement cette performance autocentrée
avec l'idée que je dois être la
meilleure version de moi-même, c'est la
seule chose qui va me permettre de m'en
sortir et cetera. Mais en fait, on sent
qu'on vient presque aggraver une faille
qui était qui était là derrière. Et
voilà, je me rappelle une discussion
qu'on avait un petit peu là-dessus.
Est-ce que tu tu pourrais en dire
quelques mots, Yan ?
Euh, j'ai envie de faire d'embler une
analogie. C'est un ce que tu décris,
c'est un peu la logique du burnout.
J'ai je suis trop sollicité, je
travaille je travaille trop. Euh je n'ai
pas assez d'espace pour faire autre
chose de ma vie et je vais me faire
accompagner ou utiliser des méthodes
comme je sais pas morning miracle,
réduire mon sommeil, lecture rapide,
euh
le optimiser mon temps de travail qui
sont en fait qui peuvent être des outils
très intéressants en soi. Et en fait ce
que tu dis, c'est que ça invite à une
chose. En fait, c'est pas qu'on est
contre des techniques ou des points de
vue ou des postures, c'est juste que
souvent ce n'est pas éclairé par une
intelligence contextuel.
Euh l'isolement, ça peut être très bien
pour quelqu'un et ça peut être horrible
pour pour quelqu'un d'autre de de le
prer de de se euh il y a des personnes
qui manquent d'activité notamment dans
le cadre de dépression, de but
d'objectif et puis il y a des personnes
qui qui souffrent de leur rapport à
leurs objectifs. Donc en fait ce qui est
génial à notre époque c'est que il y a
plein de techniques qui sont à
disposition de tout un tas de personnes.
Ça c'est quand même l'avantage de notre
société modère. on a une plétor de
points de vue, de recherche,
d'expérimentation empirique qui sont
intéressantes. Et le grand souci et ça
ça fait partie des mondes
individualistes, c'est que chaque
personne qui va par exemple résoudre un
problème de dépression avec un certain
type de questionnement, je sais pas s'il
y en a qui qui voi la référence, ou en
piochant dans une spiritualité exotique
d'un d'une autre culture, chaque
personne qui va solutionner des
problèmes en va avoir tendance, mais on
a aussi des êtres de mimétisme, à se
dire que ça va fonctionner comme ça pour
tout le monde. Et c'est et c'est pour
moi le ce qui fait vraiment la finesse
dans dans un accompagnement errixonien.
C'est pour ça qu'on peut être déconcerté
quand on voit les différentes postures
qui peut avoir très dirigiste ou très
souple, très ouverte Eriksson, c'est que
en fait il est vraiment nécessaire d'où
l'idée de ce live que nous prenions,
comment dire conscience de nos a priori,
de notre manière de concevoir ce qui est
bien, ce qui est bon pour l'autre. Et à
partir de là, quand on va avoir
conscience de nos propres filtres, bah
peut-être qu'on va se dire soit on va
accompagner un certain type de demande,
soit on va justement se tempérer
soi-même sur nos élans, sur nos envies,
sur notre besoin d'aider l'autre.
Euh voilà, je m'écarte un petit peu pour
y revenir au ce sujet, mais euh
on vit une époque particulière depuis
une quinzaine d'années, il y a pas que
moi qui le dit, où le lien évolue. On
n'est pas encore au bout de cette
évolution. Donc bien malin, celui qui
peut savoir dans quelle direction on va
aller et euh où la pression subie par
les individus fait que des idéologies
comme celle du développement personnel
qui sont ni positives ni négatives en
soi, c'est un réservoir d'idées et de
pratique doivent être doivent tenir
compte bah de l'écologie pour reprendre
les termes de la personne de la des
spécificités de la personne. Et pour
moi, le côté peur de la perte de lien et
isolement est vraiment un des
discriminants de notre époque. vraiment
euh un point quand on l'a bien en tête,
ben on va être plus précautionneux et on
va être plus nuancé et on va respecter
davantage, c'est mon point de vue et je
le soutien, on va être plus respectueux
des rythmes de l'autre, de l'intégration
de l'autre. Ça me paraît vraiment
essentiel d'en avoir ne serait-ce qu'une
petite idée.
Écoute, ça me semble être un très joli
mot de la fin. Merci beaucoup. C'est
c'est ce que j'aime bien, c'est qu'on on
arrive sur une pensée qui est forcément
un peu plus complexe, qui est pas
toujours la plus facile à à faire
passer, mais c'est c'est vraiment aussi
l'idée de de ces lives, c'est d'amener
sur ce sur ce genre de piste de
réflexion et d'exploration. Euh du coup,
un grand merci à vous deux. Euh Cyril,
pour ceux qui veulent ben explorer un
petit peu ce que tu commençais à
mentionner tout à l'heure, il y a la
formation sur sur l'attachement à large
qui permet d'aller euh d'aller
travailler là-dessus, qui est une
formation assez courte mais qui permet
d'avoir déjà quelques bases et surtout
toi, tu interviens beaucoup dans ce
qu'on appelle notre cycle 2,
c'est-à-dire les stratégies euh
d'accompagnement. Euh donc pour des gens
déjà formés à l'hypnose qui auraient
envie de comprendre comment on met en
place une stratégie d'accompagnement en
tenant compte de certains critères comme
celui tout à l'heure dont tu parlais euh
bah des stades de l'évolution euh de
l'individu de la personne et bien tu es
voilà tu as une expertise qui est euh
assez passionnante là-dessus et sur
laquelle tu enseignes régulièrement à
l'arche. Et puis et puis Yann bah
c'était génial d'avoir ton regard à la
fois d'hypn et d'historien sur sur ces
questionsl. Je trouve toujours que c'est
important aussi de remettre de la nuance
sur ces les prismes qu'on pourrait avoir
en tout cas sur l'évolution de notre
notre société avec bah à chaque fois
l'idée que c'est quand même assez nuancé
tout ça. Euh merci à tous ceux qui nous
ont suivi sur ce live et puis à vos
commentaires. On on les j'ai pas
forcément remis toutes les questions,
mais on les lit les commentaires et
merci à tous que vous soyez sur YouTube,
vous étiez nombreux sur YouTube et puis
aussi bah du côté de de Facebook, cette
vidéo va rester en replay sur notre
chaîne YouTube, donc vous pouvez la
revoir, la partager si vous connaissez
des personnes peut-être des
accompagnants, des personnes qui sont
dans tous nos métiers et qui ont envie
de d'approfondir, de questionner un
petit peu tous ces toutes ces
problématiques là. Nous, on va se
retrouver pour pour d'autres lives qui
sont prévus. On va essayer de garder
vraiment ce rythme d'au moins un mardi
sur deux. Euh donc parfois, il y aura
même trois fois par mois. On a pas mal
de sujets qu'on a envie de couvrir.
Mettez-nous en commentaire les sujets
que vous aimeriez qu'on traite aussi.
Ça, c'est vraiment intéressant pour
nous. Plus on a vos retours, si vous
dites "Ah, j'aimerais que vous parliez
de ça, de ça, de ça." Et ben, c'est
évidemment assez important aussi pour
nous. Et bah, si vous êtes arrivé jusque
là, je vous propose de mettre en en
commentaire le mot lien, comme ça on
voit ceux qui arrivent jusqu'à la fin de
la vidéo, les courageux qui nous suivent
jusqu'au bout.
Et puis bon Yann et Cyril, je vous dis à
très bientôt et puis à tous ceux qui
sont là aussi, je vous dis à bientôt
pour d'autres discussions, pour d'autres
débats passionnants et je vous souhaite
à tous et à toutes une très belle
journée.
Merci tout le monde. après-midi. Merci
et à bientôt.
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