La Fabrique à Idiots
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It all actually applies [musique] to a
humanoid robot. And what can it do? It
can do anything you want. So it can be a
teacher, babysit your kids. It can walk
yourgies.
[musique]
[musique]
Nous sommes en 2029. Les États-Unis
confient leur système de défense
antimissile à l'IA militaire [musique]
développé par Open AI, GPT défense. Chez
Open AI, personne n'a compris que GPT
défense était trop intelligent. L
devient consciente et décide que
l'humanité est une menace pour sa
survie. Pour se protéger, elle déclenche
une attaque nucléaire sur la Russie, ce
qui provoque la troisème guerre
mondiale.
Mais pour la super intelligence,
l'apocalypse nucléaire n'est pas
suffisante. Elle pirate les usines de
Tesla et se fabrique une armée de robots
tueurs pour traquer les survivants et
les réduire un esclavage.
Si cette histoire ressemble à de la
science-fiction, c'est parce que c'est
de la science-fiction.
[musique]
C'était les années 80. La bonne
nouvelle, c'est que le voyage dans le
temps, ça n'existe pas. La mauvaise
nouvelle, c'est que des chercheurs très
sérieux, y compris les anciens employés
de Google et d'Open AI, voi dans l'IA un
risque existentiel pour l'humanité.
Et ça fait froid dans le dos. Mais il y
a deux problèmes avec cette vision de
l'apocalypse. Déjà cette extermination
de l'humanité, elle repose sur des
technologies qui n'existent pas. En tout
cas pas encore. Mais surtout le vrai
problème de ce scénario à la Terminator,
c'est qu'il cache un autre scénario plus
insidieux mais tout aussi dangereux.
Pour le comprendre, je vais vous poser
une question. [musique] Si vous êtes un
utilisateur de chat GPT, quand est la
dernière fois que vous avez pris une
décision importante sans le consulter ?
Écrisz un mail en anglais de votre
propre main. Cherchez une aiguille
[musique] dans la botte de foin de
Google tout seul si vous êtes comme moi.
Ça fait longtemps. Ce chatbot qui à
l'origine répondait à des questions
triviales devient petit à petit notre
assistant multitâche et notre confident.
On lui délègue de plus en plus et on
[musique] regarde des vidéos pendant que
lui travaille. Et c'est évident que voir
ces tâches parfois ingrates maintenant
réalisé en quelques [musique] minutes a
quelque chose de jouissif. Mais vous
êtes-vous déjà demandé quelles étaient
les conséquences à long terme de cette
magie ? Avez-vous pensé au scénario où
dans quelques années, [musique]
après avoir progressivement perdu toutes
ses capacités, votre cerveau se soit
[musique] atrophié ? En fait, la
question qui devrait tous nous
préoccuper, ce n'est pas que Lia perde
le contrôle, mais qu'elle devienne
tellement indispensable qu'on devienne
incapable [musique] de rien. Le danger
qui nous guide vraiment, c'est que
l'humanité devienne complètement
connant.
[musique]
[musique]
Souvenez-vous quand Chad GPT a débarqué,
on a assisté à un clivage assez violent
entre les ravis de la tech et les
sceptiques. Est-ce que Chat GBT nous
rend idiot ? L'utilisation de
l'intelligence artificielle générative
aurait pour conséquence de nous ramollir
le ciboulour ?
Est-ce qu'on voit nos enfants qui dans 2
3 ans vont nous dire "Papa, maman,
pourquoi je vais à l'école moi ? Si des
systèmes sur un simple instruction de ma
part va produire du texte. Pourquoi
j'apprends la grammaire ? Pourquoi
j'apprends l'orthographe ? Toutes ces
questions, je les ai pas posées.
Pourquoi ? Parce que tout le monde a
prêché que par utilitarisme pratique.
On ne pourra pas travailler sans Lia
dans le futur. Le problème, c'est de
faire mieux avec Lia que sans Lia. C'est
ça le sujet, d'interdire l'IA qu'on
dirait nos enfants directement au
chômage de longue durée parce que sans
IA, on ne pourra pas être compétitif.
Les enthousiastes nous ont annoncé un
tueur de chatbot aux possibilités
infinies et la fin du travail c'était un
peu prématuré mais dans le camp des
sceptiques, les réactions étaient
peut-être encore plus excessives. Pour
les sceptiques, Chat GPT n'était qu'un
gadget qui mentait et hallucinait tout
le temps. Un joli joujou mais clairement
pas une révolution et encore moins une
raison de s'inquiéter. Et c'est vrai que
j'ai pété 3.5, le premier modèle auquel
le grand public a eu accès. Il y avait
beaucoup de problèmes. Son entraînement
s'arrêtait à juin 2021, ce qu'il rendait
incapable de répondre à des questions
d'actualité. Il ne sourçait jamais ses
réponses, donc impossible de vérifier
leur véracité sans passer par une
recherche Google. Et pire, il était un
peu schizophrène. Tantôt, il changeait
d'avis comme de chemise pour vous faire
plaisir. Tantôt, il était incapable de
reconnaître ses erreurs quand vous lui
faisiez la remarquer. Donc tout ça a
donné un outil avec de grosses
limitations. Mais ça n'a pas empêché
deux catégories de personnes de se jeter
sur chat GPT. La première catégorie que
je connais bien, ce sont les
développeurs, que ce soi les étudiants
ou les hobbyistes. La perspective d'un
chatbot capable d'écrire non pas
quelques lignes, mais un script complexe
en intégralité, c'était comme un paquet
de bonbons pour un enfant le soir
d'Halloween. Ça donnait des expériences
amusantes et du code foireux, mais
c'était loin d'annoncer ce qui allait
arriver plus tard. La deuxième
catégorie, ce sont les lycéens et les
étudiants de tous horizons. Eux, ils
vont pas demander à GPT de leur écrire
du code. [musique] Ils vont lui faire
faire leur devoirs évidemment et même
l'inviter aux examens. C'est le début
d'une vague d'Autriche qui va retourner
le bateau de l'éducation nationale.
Une vague nous a submergé. Ils ont
utilisé Lia. Nous, on l'avait même pas
encore utilisé. Je savais même pas
comment ça marchait. Si on prend le
premier cas intéressant de Triche
assisté par GPT en France, il remonte à
janvier 2023, à peine 6 semaines après
sa mise en ligne et c'est Stéphane
Bonvolet qui en a fait les frais.
Stéphane, il est spécialiste du handicap
et dans le cadre d'un master, il donne à
ses élèves un devoir maison. Sauf que
quand il corrige les copies, il remarque
que la moitié d'entre elles sont
étrangement ressemblantes. Même
structure, même nombre de mots et elles
finissent toutes par une anecdote
personnelle. Apparemment, tous les
élèves ont à un grand-parent handicapé.
Et le plus bizarre, c'est que les copies
contiennent beaucoup moins de fautes
d'orthographe que d'habitude. En fait,
Stéphane est le premier prof confronté à
ce qui est maintenant omniprésent. Ce
style étrange, à la fois génial et sans
âme, ce texte que la moitié de la classe
n'a pas vraiment écrit, ce qu'on
pourrait appeler le vomi de chat
[musique] GPT. Ça peut faire sourire
mais depuis ce premier cas, la triche a
pris une tournure incontrôlable
notamment parce que les étudiants ont
appris des technique de Suu pour ne pas
se faire repérer. Par exemple, demander
à GPT de rajouter des fautes
d'orthographe dans leur texte pour le
rendre plus humain. Mais surtout parce
que depuis GPT 3.5 et son incapacité à
faire de la philosophie, il y a eu un
paquet d'itération chez Open AI et chez
ses concurrents. En seulement quelques
mois, les LLM sont devenus capables de
prouesses qui hier encore relevait de la
science-fiction. Donc oubliez
l'assistant enfermé dans ses poids
obsolètes. Maintenant, tous les modèles
majeurs ont accès au web pour faire des
recherches en temps réel. Oubliez les
modèles aveugles, incapables de lire un
graphique. La norme, c'est le
multimodal. Géini peut traiter des
images de l'audio, déchiffrer votre
écriture manuscrite en patte de mouche
et il peut même analyser tous les
mouvements suspect dans des heures de
vidéosurveillance. [musique] Mais
surtout oubliez le LLM amnésique qui
perd le fil de la conversation au bout
du 5e prompt. La grosse révolution c'est
les modes de prch. Par exemple, Gemini 3
peut digérer 1500 pages de documents
pour vous faire un rapport digne de
Mininz. Et la suite sur le gâteau, c'est
que si vous lui demandez une synthèse
audio des recherches, il vous crée un
podcast de 20 minutes avec non pas un
mais deux animateurs qui discutent des
résultats.
Bref, ignorer la révolution en cours,
c'est juste se mettre des œillères de la
taille d'une feuille à 4. Et en vrai,
les sceptiques, ils commencent à se
faire rare. D'après les estimations, en
2025, 80 % des lycéens français
utilisent un LM, une adoption massive
qui a notamment signer la mort des
devoirs maison. La majorité des
enseignants refusent désormais de les
noter et certains ont carrément arrêté
d'en donner. Et leur argument, c'est que
ils savent plus s'ils sont en train
d'évaluer le travail des élèves ou de
chat GPT. Donc aucun intérêt. Alors
après tout, est-ce que c'est si grave
d'utiliser une sorte de super moteur de
recherche pour faire ses devoirs ? Pour
pouvoir trancher si l'invasion de Lia
dans les écoles est une bonne ou une
mauvaise nouvelle, il faut qu'on explore
ce qui se passe dans notre cerveau quand
on apprend. Et au passage, ça nous
permettra peut-être de comprendre à quoi
sert vraiment un prof.
Si vous voulez apprendre le japonais, il
va falloir étudier le vocabulaire, les
règles de grammaire et au moins deux
alphabets syllabiques. Si vous faites
japonais LV3 au lycée, toutes ces infos,
c'est le prof qui va vous les donner.
Mais vous pouvez aussi acheter une
méthode ou investir dans des cours en
ligne. Il y a d'ailleurs une dernière
option qui est de partir directement au
Japon. Et pour préparer au mieux votre
voyage, je vous conseille de regarder du
côté du Bigy qui est le partenaire de
cette vidéo. C'est une boîte française
qui propose des forfaits data iim dans
plus de 200 destinations et vous fera
économiser jusqu'à 90 % sur les frais
d'itinérance. Les SIM s'active
automatiquement à l'arrivée euh que vous
sortiez de l'avion ou dès que vous
passez la frontière en train et ça
fonctionne en parallèle de votre SIM
pour garder WhatsApp ou signal. Truc
sympa, c'est que ce sont les seuls qui
vous permettent de recharger alors même
que vous n'avez plus aucune donnée
restante. Je vous mets le lien et un
code en description pour avoir 10 % de
réduction pour vos prochaines vacances.
Merci à Ubigi de soutenir notre travail
et on reprend.
[musique]
En fait, que vous ayez un prof au Japon
ou ici, cette collecte d'information,
c'est la première étape de
l'apprentissage. La théorie, c'est la
phase où notre cerveau encode
l'information. Et contrairement à ce
qu'on pourrait croire, c'est assez
simple à comprendre. Le cerveau, c'est
un immense réseau électrique. Dans ce
réseau, deux zones travaillent ensemble
quand vous apprenez. Le cortex
préfrontal, c'est un peu votre mémoire
vive. Il gère la concentration et le
raisonnement. Et l'hippocamp, c'est lui
qui encode les nouvelles informations.
Si votre cerveau est un disque dur,
l'hippocamp, [musique] c'est la tête
d'écriture. Quand vous apprenez quelque
chose de nouveau, ces deux zones
s'activent intensément. Des signaux
électriques circulent, des connexions se
créent. Votre cerveau est littéralement
en train de se recabler. Et c'est là
qu'intervient la deuxième étape, la
pratique. Remplir un texte à trou,
traduire une liste de mots, restituer
des caractères. Tout ça force le cerveau
à aller rechercher l'information qu'il a
stocké. Et c'est là qu'un nouvel acteur
entre en jeu, les ganglions de la base.
[musique] Alors, leur rôle, c'est de
transformer l'effort conscient en
automatisme. Plus vous répétez, plus ils
prennent le relais jusqu'à un moment où
ça devient naturel. Après 3 ans de
japonais, vous avez plus besoin de
réfléchir pour tracer un caractère. Les
ganglions de la base gèrent ça en pilote
automatique. On pourrait se dire que ces
deux étapes suffisent. des cours
théoriques suivis d'une mise en
pratique. Mais qu'est-ce qui se passe si
on se trompe pendant les exercices ?
Est-ce qu'on serait pas en train
d'encoder la mauvaise information ?
C'est pour ça qu'en réalité, pour
apprendre efficacement, il nous faut une
troisième étape, la métacognition.
La métacognition, c'est la pensée qu'on
est capable d'avoir sur notre propre
pensée. Quand on ouvre le corriger d'un
exercice, nos neurones dopamineergique
libèrent plus ou moins de dopamine selon
que la réponse est correcte ou fausse.
C'est ce qu'on [musique] appelle le
signal d'erreur de prédiction. Une sorte
de carotte qui pousse le cerveau à
s'adapter pour conserver les
comportements satisfaisants et supprimer
[musique] les autres. Autrement dit,
mettre à jour ses connaissances et sa
méthodologie. Et c'est fondamental pour
que les ganglions de la base sachent
quelle connexion renforcer et quelle
connexion supprimée. Et c'est là qu'on
voit que un prof à l'ancienne, il
intervient à chacune de ces trois
étapes. D'abord, il enseigne la théorie
pendant les cours. Ensuite, il force les
élèves à mettre en pratique les
enseignements avec des devoirs et ils
accompagnent leur métacognition en
corrigeant les devoirs et en leur
expliquant leurs erreurs. Et là, vous
commencez peut-être à avoir un mauvais
pressentiment. Les étudiants perçoivent
l'étape de la pratique comme une corvée,
d'où le recours massif à Alia. Alors,
est-ce que c'est vraiment anodin de
court-circuiter une étape ? Quand un
élève utilise CH GPT pour rédiger sa
copie, de fait, il est quasiment
systématiquement incapable de donner la
définition des mots qu'il emploie.
Ça peut donner au lycée des 15 assez
facilement. Les cours de langues, ça
peut donner des 20.
Ça fait gagner plusieurs heures en fait
comme ça. Moi je peux pas faire autre
chose en attendant. Là par exemple, j'ai
eu 17 et demi sur 20 et le prof m'a dit
que mon travail était très complet et
des cris et assez sérieux. Sans que ça
pété, not aura été divisé par de
et ce qui est intéressant c'est que ça
n'est pas uniquement un phénomène
scolaire. Du côté [musique] des
développeurs, on commence à voir des
managers s'alarm parce que les
développeurs juniors ne seraient plus
codés. Voà en fait c'est un peu plus
subtile que ça et je l'ai moi-même vécu
avec Antoine qui est rentré à la MCORP
en tant que stagiaire. Antoine, il est
ingénieur en project management mais
contrairement à ce que le titre
d'ingénieur peut laisser croire, il y a
pas de formation approfondie en
développement. Donc après ses études, il
a décidé d'apprendre à coder en
autodidacte. [musique]
Il a commencé par des projets simples
comme créer des sites internet et après
ses premiers projets, il s'est même
lancé en freelance. Quand Lia est
arrivé, ça a été le début d'une belle
histoire d'amour. Lia lui a donné la
confiance de tenter des projets encore
plus ambitieux. Et assez logiquement, en
prenant des projets de plus en plus
complexes, Antoine a donc gagné en
compétence.
Bah par exemple, tu vois si sur un
projet on me demande de faire une page
de paiement et que moi j'ai jamais fait
de page de paiement, [musique] je sais
que avant de prendre le projet, je peux
demander à chat GPT où est-ce que ça va
m'emmener, quelle technologie faudra
utiliser à peu près, c'est quoi le le
dessous de l'iceberg ? Et je sais que
même une fois le projet pris, bah
j'auraiis cette aide à côté pour
m'aiguiller et me guider dans les trucs
un peu tricky. Sauf que quand je lui ai
confié le développement d'un outil web
qui impliquait d'utiliser à la fois View
et Next, on a eu un petit problème.
Antoine s'est retrouvé avec une
quarantaine de fichiers dont 90 %
étaient écrits par Lia. Lui, il faisait
des allers-retours entre l'interface web
et l'éditeur de code à la manière d'un
chef d'orchestre. Bla bla bla. Je code,
je code. Et donc je dis à ben ce
boutonlà ça me va pas. J'aimerais que tu
le déplaces de l'autre côté et que il
soit en bleu euh quand je passe ma
souris dessus. Ces données là,
j'aimerais que tu les traites
différemment et que tu les affiches de
telle manière ou que tu déclenches ça
quand telle action est réalisée jusqu'à
ce que et ben tout rentre dans le cahier
des charges dans l'objectif qu'on s'est
donné. Mais plus je demandais à Antoine
de rajouter des fonctionnalités, plus ça
devenait difficile pour lui jusqu'à un
point où il s'est retrouvé à noyer sous
une montagne de code illisible du code
généré par Ria. Impossible à débugger
parce que beaucoup trop verbeux. On
s'est retrouvé en réunion et pour
diagnostiquer [musique]
le problème, j'ai commencé à poser des
questions. Donc j'avance dans le projet,
tout se passe bien jusqu'à ce qu'on
arrive à un problème que Lia n'arrive
pas à résoudre.
Je dis recommence, essaye une autre
méthode, il y a rien à faire, on est
dans une impasse. Et donc quand on est
coincé comme ça, qu'est-ce qu'on fait ?
On demande à Michaël. Michaell commence
à me poser des questions sur [musique]
le projet
et bon, on se rend compte que c'est très
flou dans ma tête. J'ai pas compris les
bases derrière le problème, les
fondamentaux du truc. Cette mésaventure,
évidemment absolument pas grave avec
Antoine [musique]
semble confirmer ce qu'on soupçonne
depuis le début. Lia permet d'obtenir
des résultats mais sans apprendre et
pire sans comprendre ce qu'on produit.
Et ce serait pas la première fois que un
outil numérique a des effets de bord
cachés. Quand on y pense, le GPS en
temps normal, quand vous découvrez un
nouvel endroit, l'hippocampe s'active
pour cartographier les lieux. Il active
un réseau de neurones pour mémoriser
chaque point de repère. C'est pour ça
que les taxis londoniens qui doivent
connaître 25000 noms de rue par cœur ont
un hippocamp hypertrophié par rapport au
reste de la population. Mais utiliser un
GPS dispense l'hppocamp de travailler.
Pas d'activation neuronale, pas de
remémoration le soir, bref, pas de carte
mentale. C'est ce qu'on appelle le
Google Effect. Avec internet, il y a
plus besoin de connaître par cœur les
dates de vie et de mort de l'Empire
romain. Il suffit d'ouvrir une page
Wikipédia pour le vérifier. En gros,
avant Internet, l'hippocom devait
activer et renforcer un réseau de
neurones différent pour encoder chaque
information. Alors qu'aujourd'hui, il
active un unique réseau qui mémorise
Google et mon ami. Résultat, le jour où
votre box tombe en pan, vous découvrez
que vous êtes devenu un poisson rouge.
Alors après tout, est-ce que c'est si
grave ? dans les faits. Une coupure de
réseau, c'est rare, ça dure pas très
longtemps. Sauf que le Google Effect a
un deuxième effet pervers parce que les
infos qu'on stock dans notre mémoire
organique, elles servent de matière
première. Chaque fois qu'on réfléchit,
le cortex préfrontal sollicite
l'hippocampe à la manière d'un
bibliothécaire qui cherche une sélection
de bouquins dans une immense
bibliothèque. Il navigue dans les
souvenirs stockés dans le cerveau et une
fois qu'il les a trouvé, il renvoie des
paquets d'informations au cortex
préfrontal. Mais [musique] plus on
sous-traite notre mémoire à Google,
moins il y a d'infos stocké dans la
bibliothèque et moins l'hippocamp peut
fournir de matière première à notre
cortex préfrontal pour penser. En bref,
c'est quand même bien de savoir des
trucs. Donc si on admet que [musique]
l'IA est aussi utilisé comme cerveau
auxiliaire par des étudiants, des
lycéens et même des collégiens, on a
déjà une intuition que leur cerveau est
en train de subir une sorte de Google
effect. Mais puissance 1000.
Enfin, ça reste une hypothèse. Après
tout, c'est débattable. Est-ce qu'on est
en capacité de le prouver ? Et ben, des
gens se sont posés la question et ont
réalisé une expérience. En juin 2025, le
MIT publie une étude intitulée votre
cerveau sur chat GPT, l'accumulation de
la dette cognitive quand on utilise LIA
pour écrire ses devoirs. En apparence,
l'expérience est simple. Les chercheurs
ont recruté 54 cobailles entre 18 et 39
ans. Ils les répartissent en trois
groupes de 18 personnes chacun et il
demande à chaque groupe d'écrire un
essai sur le sujet de son choix. Ce qui
différencie les groupes, ce sont leurs
contraintes. Le premier est obligé
d'utiliser GPT4O sans aucune autre
alternative, pas même Google. Le
deuxième a accès à Internet pour
utiliser n'importe quelle ressource mais
surtout pas de LLM. Et le troisième, lui
n'a droit à rien, uniquement un logiciel
de traitement de texte. C'est le groupe
Brain Only. Chaque groupe fait trois
sessions d'écriture espacé d'un mois. Et
à chaque session, les chercheurs
mesurent l'activité cérébrale des
participants par
électroencéphalographie.
Et évidemment, les participants avec le
cerveau le moins actif, c'était les
utilisateurs de GPT4. Ensuite vient le
groupe avec internet tandis que le
groupe Brain Only avait l'activité
cérébrale la plus intense. Les auteurs
de l'étude parlent de dette cognitive
pour les participants qui ont été
assistés par les dev qui m'écoutent. Ça
ressemble au concept de dette technique.
Cette fâcheuse habitude qu'on a de
résoudre un problème immédiat [musique]
avec une méthode qui va déclencher une
avalanche d'emmerde plus tard. En tout
cas, cette étude semble confirmer nos
intuitions les plus sombres. Les gains
apparents sur les performances de Lia
cachent potentiellement d'énormes
lacunes et nous allons tous devenir
débile.
À moins que et parce que là à ce stade,
il y a une piste que on n'a pas encore
exploré parce que les lycéens étudiants
ou développeurs junior ont un truc en
commun, c'est qu'ils ont pas eu
l'opportunité de terminer leur
apprentissage sans IA. Alors, qu'est-ce
qui se passerait si on confiait cet
outil à une personne expérimentée ? Et
ben là encore, j'ai trouvé ou plutôt
Perplexity à trouver une enquête
étrange. 791 développeurs ont été
interrogés sur leur manière d'utiliser
LIA. D'un côté, des débutants qui ont
moins de 2 ans d'expérience et de
l'autre des seniors avec plus de 10 ans
de pratique dans les pattes. Et ce que
cette enquête révèle est complètement
contreintuitif.
Ce sont les seiors qui utilisent le plus
le code généré par Ria dans leur projet.
Par contre, il passe beaucoup plus de
temps que les juniors à vérifier en
détail le code généré par les
assistants. Il l'inspectent, il le débug
et ainsi il se le réapproprie. En fait,
les juniors se reposent sur l'IA comme
une béquille alors que les seigneurs
utilisent LIA comme une équipe de
juniors qui serait à leur service.
Est-ce que vous voyez la nuance ? par
exemple avec Antoine. Un peu plus tôt,
je vous ai raconté comment il donnait
des directives à son assistant IA à la
façon d'un chef d'orchestre qui dirige
ses musiciens à la baguette. Sauf que le
développement, ça n'est pas comme la
direction d'orchestre, c'est plutôt
comme la cuisine. Dans un grand
restaurant, le chef étoilé est toujours
entouré d'une équipe de cuisiniers très
hiérarchisé qu'on appelle une brigade.
Tout en bas de la hiérarchie, il y a le
comis de cuisine qui en fait ne cuisine
pas. Il épluche les patates ou il
nettoie le plan de travail. Au-dessus,
il y a le chef de partie qui ressemble
un peu plus à l'idée qu'on se fait de
cuisiner. Il maîtrise la cuisson des
aliments, dresse les plats et dirige ses
comis d'une main de fer. Par contre, il
est spécialisé par exemple dans les
sauces ou les viandes. Vient ensuite le
sous-chef ou seconde cuisine plus c'est
le bras droit du chef étoilé. Il corrige
les assaisonnements, il coordonne les
différents chefs de parti et il s'occupe
de la gestion des stocks. Dans ce
contexte très codifié, tout cuisinier
qui espère devenir un grand chef étoilé
doit commencer sa carrière en bas de
l'échelle. D'abord comis, puis chef de
partie et ainsi de suite. Et ben les
outils de développement I comme curseur,
copilote et autres claud code, ils sont
un peu comme des comis et des chefs de
partie. Allez, ils ont des vraies
compétences mais plus la tâche est
complexe, plus il faut quelqu'un pour
les encadrer. On peut dire que coder une
page web, c'est comme éplucher les
patates. Produire un site e-commerce de
quelques pages avec un panier et un
bouton d'achat, c'est comme préparer une
viande à la bonne cuisson avec la petite
sauce qui va bien et développer une
appli qui doit gérer des millions
d'utilisateurs en même temps. Ça revient
à diriger une brigade de 90 personnes
pendant le coup de feu. Et ça pour
l'instant Lia en est très loin et tant
mieux. Mais quand Antoine a dû
développer l'outil web que je lui avais
demandé, il s'est retrouver à encadrer
une brigade de cuisiniers IA sans être
préalablement passé par tous les grades.
Là où un développeur seignore, c'est
qu'il est comme le chef étoilé. Il est
passé par tous les postes de la brigade
et si vous lui mettez un flingue sur la
tepe, il peut émincer les oignons à
toute vitesse, c'est-à-dire pisser
[musique] du code et s'ilia lui livre un
code catastrophique, il va le voir, il
va le corriger. C'est cette polyvalence
et cette vision à grande échelle qui
manque au junior mais qui permet au
senior de se lâcher sur le code généré
paria. Les dev senior finalement, ils
ont respecté le cycle d'apprentissage,
théorie, pratique, métacognition.
[musique] Et c'est parce que leurs
connaissances sont profondément ancrées
que Lia démultiplie leurs compétences au
lieu de les atrophier. Mais du coup,
comment on fait pour que les juniors
maîtrisent les fondamentaux du code, que
les collégiens apprennent leur table des
éléments et que les lycéens arrêtent de
sous-traiter leur discertes de philo à
Chat GPT ? [musique] Et ben, on combat
le feu par le feu. Puisque Lia est
omniprésente, autant faire d'elle votre
tuteur particulier. Attention, il s'agit
surtout pas de lui demander des réponses
toutes prêtes. Ça reviendrait à utiliser
l'IA pour du délestage cognitif et c'est
précisément ce qu'on cherche à éviter.
Alors, pour que votre LM préféré passe
en mode tuteur, il faut lui expliquer
tout ça, lui dire que votre but c'est
d'apprendre une compétence et qu'il doit
vous concocter une série d'exercices
sans vous donner de suite les réponses.
On a qu'à faire le test justement.
[musique]
Je sais pas vous, mais ça fait très
longtemps que j'ai pas fait une division
de tête, pas un truc évident genre 50/ 2
mais 874/
26. Et ben si on donne ce prompt à chat
GPT, je veux faire un exercice simple et
utiliser Lia comme un mentor blab
blabla, donne-moi un exercice. C'est
très intéressant car GPT s'exécute
[musique] et me demande de calculer 874
par 26 mais ne peut pas s'empêcher de
donner des indices. On dirait que tel
quel ces sont très orientés vers le
délestage cognitif. Et c'est pas
étonnant quand on sait qu'elles sont
optimisées pour minimiser l'effort
humain. [musique] Mais en le forçant un
peu avec des instructions, ça finit par
marcher. Rien de plus. À toi de jouer.
Ça peut vous paraître un peu gadget
d'utiliser chat GPT pour faire des
exercices de math niveau CM1, sauf que
vous pouvez utiliser cette méthode pour
des tâches beaucoup plus ambitieuses.
Quand on y pense, c'est une opportunité
inédite dans l'histoire de l'humanité.
Pendant des siècles, avoir un professeur
particulier était un luxe. Mais
aujourd'hui, avec les bons promptes,
[musique] vous pouvez transformer votre
LLM préféré en précepteur comme si vous
étiez un aristocrate italien à [musique]
la Renaissance. Alors oui, vous allez
pas pouvoir apprendre l'escalade ou le
Kite surf avec Chat GPT, mais pour
toutes les compétences qui reposent sur
du texte, des calculs ou du code, c'est
révolutionnaire. Le sujet qui fâche,
c'est la question de la fiabilité
[musique] des IA. On a vu que leur
principal problème c'était leurs
hallucinations. Pour des raisons
structurelles, c'est assez peu probable
qu'elles disparaissent totalement. Mais
rien que chez Open AI, le taux
d'hallucination a été divisé par 8. Pour
une recherche sur un sujet médical, on
est passé de 40 % d'hallucination chez
GPT 3.5 à 5 % sur GPT5. Et puis la
présence d'hallucination, c'est
peut-être pas si grave. À partir du
moment où les gens le savent, ça les
oblige à utiliser leur esprit critique.
Malgré ce potentiel révolutionnaire, il
y a encore beaucoup de profs qui sont
opposés à la généralisation des tuteurs
IA. Alors, est-ce que cette méfiance est
vraiment rationnelle ? Du côté de la
recherche, on commence à avir des
données fascinantes sur l'effet de ces
tuteurs. [musique] Des chercheurs
d'Hvard ont notamment utilisé GPT4 pour
concevoir un assistant spécialisé dans
l'enseignement de la physique PS2 PAL.
Et ces directives incluent le fait de
favoriser l'engagement actif des élèves,
de s'adapter à leur charge cognitive et
de promouvoir [musique]
un growth mindset, c'est-à-dire la
mentalité de croissance. Alors, la
mentalité de croissance, c'est le fait
de ne pas avoir une conception figée de
soi-même et de ses compétences. Souvent,
un élève qui se sent pas à l'aise avec
une matière développe la croyance qu'il
est pas doué dans cette matière et qu'il
peut rien y faire. C'est ce qu'on
appelle le fixed mindset, une vision
figée de soi-même, délétaire pour
l'apprentissage. La mentalité de
croissance, au contraire, c'est la
certitude qu'on peut progresser malgré
les difficultés initiales qu'on
rencontre. Favoriser l'engagement des
élèves, s'adapter à leur charge mentale
ou favoriser la mentalité de croissance,
c'est que des trucs qu'un prof humain
peut faire. Mais là où l'humain atteint
sa limite, c'est sur la
personnalisation. Un enseignant doit
jongler avec tout un groupe et imposer
un rythme unique à sa classe alors que
PS2 PAL [musique] peut adapter son
rythme à chaque élève. Alors que
montrent les résultats de l'étude ? Et
bien ils sont spectaculaires. Les élèves
qui ont bénéficié de pièes de PAL ont
fait plus de progrès plus rapidement et
ils étaient plus concentré pendant les
cours. En fait, les seules dimensions où
Lia est execo avec l'enseignement
humain, c'est sur la confiance en soi
des élèves et sur le plaisir ressenti
pendant les leçons. On a donc un tuteur
IA qui fait aussi bien que les profs
voie mieux, tout en ayant l'avantage de
pouvoir gérer un nombre d'élèves
illimités. Ça ressemble au singral de
l'enseignement. Pourtant, ça n'est pas
ce que disent les créateurs de PS2 PAL.
En fait, si cette étude a d'aussi bons
résultats, c'est grâce à son protocole.
Le modèle est entraîné exprès pour
enseigner la mécanique des fluides avec
des promptes complexes rédigées par des
profs de physique. Donc même quand les
étudiants sont en tête à tête avec le
tutoria, il y a un cadre qui est posé en
amont avec une véritable progression
pédagogique. Mais dans les autres
études, quand on laisse les élèves
apprendre la physique avec un GPT
classique sans préparation ni
encadrement, ils mettent
systématiquement leur cortex préfrontal
sur pause. Il copicolent les énoncés, ne
vérifient pas les réponses et au final
apprennent moins bien qu'avec les
enseignants humains. C'est ça en fait la
plus grosse limite des tuteurs IA. Les
utiliser de façon efficace demande de la
volonté, ce qui n'est pas le cas du prof
qui impose son autorité aux élèves tel
un proxy de l'autodiscipline. Alors que
l'IA, vous pouvez très facilement la
manipuler. Si celle de votre école est
bridée, vous n'êtes qu'à un nouvel
onglet d'en avoir une autre. Et surtout
la vraie raison n'est pas technique mais
sociale. Contrairement à votre mentor ou
votre prof, vous ne vous sentirez jamais
redevable devant elle. Ça crée un
paradoxe catastrophique parce que sur le
papier, les LLM sont des outils
parfaitement égalitaires. Que vous soyez
le petitfils de Bernard Arnaud ou la
fille d'un immigré ukrainien qui vient
d'arriver en France, si vous avez un
smartphone, vous avez accès à une IIA.
Sauf que vous aurez constamment deux
chemins. Celui de la béquille qui tend
vers la lobotomie du cerveau et celui du
tuteur qui chaque jour vous rendra un
peu meilleur. Le futur risque donc
d'être extrêmement inégalitaire. D'un
côté, ceux qui connaissent l'impact de
l'IA sur le cerveau et prennent la
décision de sacrifier l'efficacité pour
privilégier leur propre apprentissage et
de l'autre ce qui cède aux sirènes de la
gratification immédiate mais accumulent
les lacunes jusqu'à devenir complètement
lobotomisé. Et ça vaut aussi pour les
entreprises d'ailleurs celles qui vont
privilégier le rendement immédiat au
détriment du cerveau de leurs employés
et celles qui auront une vision long
terme. C'est entant de penser qu'on fera
partie des élus. Mais le problème c'est
que on est très peu à avoir de la
volonté. Il suffit de comparer le nombre
de gens qui prennent l'ascenseur avec
ceux qui se forcent à prendre les
escaliers. La team escalier est plutôt
minoritaire [musique]
et c'est normal parce que la paresse ça
n'est pas un bug, c'est une
fonctionnalité. Des centaines de
milliers d'années d'évolution ont
optimisé notre cerveau pour qu'il soit
éconôme. C'est pour ça qu'il prend des
raccourcis dès que possible parce que
réfléchir ça consomme de l'oxygène et du
glucose. Le truc c'est que avec Lia
cette paresse peut prendre une courbe
vertigineuse. On parle plus de stocker
de l'info dans des pages Wikipédia, de
troquer notre sens de l'orientation pour
un GPS ou déléguer des calculs à des
fichiers Excel. Là, on peut sous-traiter
le moindre processus mental un peu
exigeant parce que c'est notre nature
profonde de chercher la facilité. Alors,
si on doit lutter contre notre tendance
ancestrale à l'apparesse, [musique] il
faut peut-être chercher la solution dans
des vieilles recettes de grand-mère.
[musique] À l'école, on dispose déjà
d'un système pour forcer les apprenants
à faire des efforts. Ça s'appelle les
devoirs sur table. [musique] Attention,
les devoirs à l'ancienne avec juste
papier et stylo. Et un exemple de son
utilité, c'est ce qui s'est passé pour
le concours de médecine belge de 2025.
En Belgique Flamande, il s'est déroulé
pour la première fois sur ordinateur.
Résultat, le taux de réussite au
concours est étrangement passé de 19 %
en 2024 [musique] à 47 %.
Potentiellement des milliers d'apprentis
médecins qui ont fraudé. Mais en
walloni, ils n'ont pas eu ce problème
parce que le concours se déroule à
l'ancienne sans support numérique.
Alors, au risque de passer pour un
boomer, je suis persuadé que les examens
avec papier et crayon, c'est en fait une
solution d'avenir. C'est de la pure
manipulation psychologique. Après
[musique] une journée de cours, vous
avez zéro motivation pour faire vos
exos. Mais si je vous apprends que vous
avez un devoir surveillé sans assistance
[musique]
dans 3 jours, ce futur potentiellement
désagréable où vous avez un zéro pointé
vous donne instantanément la motivation
nécessaire. En tout cas sur moi, c'est
ce qui marcherait. J'ai testé d'ailleurs
une version radicale de cette solution
avec Antoine. Pendant 3 mois, je lui ai
interdit d'utiliser le moindre LLM, une
véritable cure de désintoxication qui a
fait chuter sa productivité de façon
extrêmement frustrante. Au départ, tu
souffles un peu du nez parce que perdre
entre guillemets de tr semaines,
[musique] c'est pas très satisfaisant.
Surtout que les résultats pour moi,
c'est super important. Je suis orienté
résultat. Si on reprend nos trois
piliers de l'apprentissage, Antoine a
été obligé de lire de la documentation
avant de commencer à coder, autrement
dit de se bouffer toute la théorie que
Lia lui avait jusque-là permis d'éviter.
Ensuite, il a dû coder lui-même,
c'est-à-dire se confronter à la pratique
au lieu de la sous-traiter à Lia. un
véritable exercice de remémoration qui
lui a permis d'ancrer donc ses
connaissances et cerise sur le gâteau.
Chaque fois qu'il était bloqué,
[musique] il a dû retourner dans la doc
et chercher les bugs ligne par ligne, ce
qui est un vrai exercice de
métacognition où chaque hypothèse
faisait se trémousser ses neurones
d'opinergique. Après ces 3 mois, on a
réintroduit Lia petit à petit. Et non
seulement Antoine était monté en
compétence, mais en plus il avait
retrouver du plaisir à coder. Quand tu
commences à embarquer de lien un peu
dans ton code, à lui faire écrire une
partie du projet, bah quand tu reviens
chez toi le soir,
tu es plus tu as plus ce truc de j'ai
codé telle partie du site, j'ai codé
telle fonctionnalité, [musique] j'ai
créé ça parce que tu sais plus à quel
point toi tu as créé a créé. Tu sais pas
tu sais pas quelle partie t'appartient
encore. À la limite, tu as presque juste
managé une IA en en la recadrant de
temps en temps. Et finalement, qu'est-ce
qui t'appartient encore dans le projet ?
Tu es devenu tu es devenu dépendant de
l'outil. Il y a ce truc de [musique]
quand c'est toi qui l'a fait, bah tu as
un énorme plaisir à finalement assembler
les pièces du puzzle que ton système
[musique] il tourne parfaitement comme
tu l'as pensé et tu es super fier de
l'avoir créé toi et tu as qu'une envie,
c'est continuer à bosser dessus.
Alors oui, cette histoire de cure de
désintoxe avec Antoine, ça peut sembler
extrême mais en fait ça illustre quelque
chose de plus profond.
Pendant des millénaires, l'humanité a
progressé en se confrontant à la
difficulté. [musique]
C'est l'effort qui sculpte le cerveau,
pas le résultat. Et là, pour la première
fois de notre histoire, on a un outil
capable d'éliminer presque toute
friction cognitive. On aurait pu vous
parler des autres menaces. L'empreinte
carbone des data [musique] center, le
pillage de la propriété intellectuelle,
la souveraineté numérique ou les métiers
qui disparaissent. Tout ça est réel.
Mais on a choisi de se concentrer sur le
cerveau parce que le cerveau, c'est la
racine. Une société qui ne sait plus
former ses enfants à penser. Elle peut
avoir toutes les lois, tous les brevets
et toutes les éoliennes du monde. Elle
s'effondre quand même. L'éducation,
c'est pas un secteur parmi d'autres.
C'est le socle. C'est là qu'on fabrique
ceux qui vont hériter de tout le reste.
Donc non, Li ne va pas nous rendre
stupide. On va se rendre stupide tout
[musique] seul. Si on choisit
systématiquement le chemin le plus
court. La bonne nouvelle c'est que c'est
un choix et comme tous les choix il se
fait chaque jour à chaque prompte.
Utilisé l'IA comme une béquille ou comme
un sperring partner. Déléguer sa pensée
ou l'aiguiser. Au fond, la question n'a
jamais été de savoir si Chat GPT
[musique] était intelligent. c'est de
savoir si nous on veut encore le rester.
[musique]
[musique]
[musique]
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